Sonia J. Fadda

La Plume de

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Histoire

Une

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Ahogur - Tome I

Médiéval Fantasy ❘ Thriller ❘  + 18 ❘  Autoédition  ❘ Disponible sur Amazon

« Le premier tome d’Ahogur présente une famille atypique dans un univers médiéval. C’est la famille d’Ulysse, un solide bûcheron. Il a recueilli cinq enfants au fil des années, au gré du hasard. De tragiques événements vont pousser Solène, une de ses filles, à se poser de nombreuses questions. Autant sur son père qui semble détenteur d’un secret, que sur les choix qu’elle devra faire pour trouver sa place en ce monde. Rien ne se passe jamais comme elle aurait pu l’imaginer et ce qu’elle découvrira au fil du récit changera irrémédiablement sa vie, sa vision du monde et sa personnalité. »

Autrice

Une

Dans un premier temps, peux-tu te présenter un petit peu à nous ?

 

« Jamais facile ce genre d’exercice… je dirais que je suis une femme de 46 ans, mariée, mère de famille, auteur. Dans des genres aussi divers que la poésie, les nouvelles, la Fantasy ou la romance… Je n’ai pas fait d’étude de lettres et rien ne me prédestinait à écrire des livres si ce n’est mon goût précoce et intense pour la lecture. Que dire de plus ? »

 

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Peux-tu nous parler de tes passions ?

 

« Les lettres d’abord. Lire, écrire, même si je lis peu quand je suis en période d’écriture. J’aime aussi beaucoup dessiner, réparer ou bricoler des choses pour en faire des objets décoratifs. J’adore les livres anciens que je collectionne ainsi que divers autres « trucs » originaux. J’ai un cabinet de curiosités bien fournis d’ailleurs. J’aime beaucoup chiner, de par le fait. »

 

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Quand est-ce que l'écriture est entrée dans ta vie ?

 

« Au jour près, je ne saurais le dire mais je sais que j’ai écrit ma première histoire complète à l’âge de neuf ans. Ma maîtresse d’école de l’époque l’avait imprimée et utilisée comme support de lecture pour la classe ensuite, j’étais plus fière que si j’avais eu le Goncourt !

 

L’écriture m’a toujours apporté un apaisement certain d’un point de vue autant moral qu’émotionnel. Certains diraient qu’on fait sa psychothérapie en écrivant, je n’irais pas jusque-là. Pour moi c’est davantage quelque chose qui pourrait se rapprocher de la méditation. Sortir mentalement du quotidien parfois pesant pour se réinventer ailleurs, à un autre moment. Comme un rêve conscient et dirigé. Ceci n’étant que mon rapport intime à l’écriture. Le moment où on décide de partager ce rêve avec un lectorat change la donne et ce qui n’était qu’évasion se doit d’être travaillé évidemment.

 

J’ai toujours écrit sur tout et rien, sans envisager de publication, sans même faire lire ma prose à qui que ce soit. Puis à l’adolescence, j’ai commencé à partager tout ça avec parcimonie (avec des profs de lettres, des amies). Un enseignant m’a encouragée à faire des concours, j’en ai remporté un en poésie et l’idée d’être publiée un jour a commencé à faire son chemin. Après un autre concours, j’ai été publiée dans une anthologie et voir mon nom dans un livre a fait naître l’envie de le voir en couverture, seul.

 

Quelques années plus tard, un éditeur belge m’a proposé de publier un recueil de poèmes et nouvelles rien qu’à moi et… hop ! Entre temps, j’avais travaillé avec le magazine NousDeux pour quelques nouvelles à l’eau de rose payées à la tâche. L’écriture a toujours été là sans être ma priorité jusqu’à ce que je décide de me lancer dans l’auto édition, il y a deux ans environ. »

 

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Si une terrible malédiction s'abattait sur notre monde et que tu ne pouvais conserver qu'un seul et unique livre, lequel ce serait ?

 

« Les fleurs du mal de C.Baudelaire, sans hésiter. De la poésie, oui ! Parce que je garde une profonde affection pour la poésie qui peut dire tant en quelques lignes. Des lignes de mots que la rythmique et le talent rendent musicales. Sans que cela ait besoin de rimer d’ailleurs. J’aime autant la poésie classique que la prose ou le slam. Revenir à l’essence des mots pour faire claquer les émotions, les images. Ce petit ouvrage propose des situations, des émotions dans lesquelles je me suis souvent retrouvée. Et ce rapport romantique à la mort/l’amour qui me parle depuis toujours. Mais c’est un livre qu’il faut ne faut pas lire juste pour la « jolie poésie », il faut comprendre les autres niveaux de lecture pour en saisir toute la profondeur… »

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Si tu devais choisir un personnage fictif pour te représenter, lequel choisirais-tu ?

 

« Les gens qui me rencontrent ont tendance à se demander à quelle sauce ils vont être mangés parce que je n’ai pas le sourire facile. Alors je dirais… peut-être Morticia Addams ou Jack Skellington. Parce que ce sont deux personnages à l’image un peu morbide mais qui, si on y regarde mieux sont d’une tendresse et d’une positivité incroyables. Morticia est le pilier de sa curieuse famille, elle les aime tels qu’ils sont tous, aussi bizarres puissent-ils paraître aux gens dits « normaux ». Elle les aime pour leurs particularités et ne porte aucun jugement de valeur sur personne. Quant à Jack, il s’étonne et s’émerveille de tout ce qu’il découvre mais reste bienveillant. Il est vite passionné par ce qui lui semble intéressant et je suis un peu comme ça moi aussi. »

Questions

Des

Avant toute chose, comment t’est venue l’idée d’écrire ta saga « Ahogur » ?

 

« Je n’ai eu, à aucun moment, le projet d’écrire une saga pour tout dire. Du moins pas tant que je n’avais pas écrit les 1000 premières pages d’Ahogur. L’origine première de cette histoire me vient de mes amis les plus proches qui m’encourageaient à me remettre à écrire. Je dis « remettre » parce que je n’ai quasiment rien écrit pendant dix ans, suite à un changement profond dans ma vie personnelle, la naissance de mon 3ème fils. Il a été diagnostiqué autiste assez tôt et sa prise en charge vers l’autonomie est devenue ma priorité absolue. Plus de place pour l’écriture, l’imaginaire, je suis restée dans le réel, le concret pendant dix ans. Mais il a progressé et mon rythme de vie s’est un peu apaisé.

 

C’est là que mes amis m’ont dit : « Tu vas pouvoir reprendre l’écriture ! ». Régulièrement. Voir souvent. Bref, je me suis forcée un peu au début et puis je me suis dit que j’allais écrire une histoire pour eux, pour rendre hommage à leur soutien sans faille. Et comme je voulais les surprendre, je les ai transposés dans un univers médiéval/fantasy.

 

Chaque personnage est donc inspiré par un de mes amis. Je m’étais donné le rôle central car c’est celui du narrateur mais le perso de Solène s’est très vite éloigné de moi. C’était pour rire au départ. Je leur faisais lire au fur et à mesure mais très vite, c’est devenu sérieux et l’histoire a pris son envol. Je suis passé de 3 ou 4 pages par jour à 25/jour deux mois plus tard. Je dormais 3h par nuit tellement j’étais prise dans ce récit. Mais au final 4 mois plus tard, j’avais les mille pages qui formaient les 3 premiers

tomes. Et l’histoire ne pouvait s’arrêter là car je n’avais pas répondu à toutes les questions et les différentes intrigues… »

 

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Lors de l’écriture du premier Tome, savais-tu que ton roman serait composé de plusieurs volets ?

 

« Non, comme je l’ai dit dans la question précédente, le premier jet comprenait les 3 premiers tomes. Et c’est quand j’ai décidé de publier sur Amazon que je les ai découpés en 3. J’avais peur d’effrayer les lecteurs potentiels avec un aussi gros livre. Il m’a fallu les retravailler évidemment et, ce faisant, j’ai commencé à entrevoir combien de volets il faudrait à cette histoire pour arriver à son terme. J’étais autour de 7 ou 8 et j’ai choisi 7 en hommage à une certaine grande autrice et à sa saga. C’est presque un choix arbitraire tant il n’a pas de raison logique… »

 

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Le titre, « Ahogur », est d’une grande originalité. Peux-tu nous parler de sa création ?

 

« En fait, j’ai eu l’idée d’un titre un peu nébuleux pendant l’écriture du premier tome. Quand on a commencé à me parler d’auto édition et que de vagues idées de couvertures me flottaient en tête. J’aime tout ce qui est mystérieux et symbolique. Aussi je voulais un titre qui ne dévoile rien de prime abord et qui soit comme une sorte de devinette. Si on lit trop vite le premier tome, on peut passer à côté de la signification de ce mot. Mais les lecteurs qui se sont vraiment plongés dans l’histoire, ça ne leur échappe pas !

 

Pour ce qui est de sa création, c’est enfantin dans le sens premier du terme. Quand les enfants inventent des noms alambiqués pour leur doudou ou leur playmobil. J’ai formulé à haute voix des sons et des syllabes et j’ai retenu celle qui faisait le plus « langue barbare inconnue ». J’ai juste vérifié sur internet que ça ne veuille pas dire quelque chose de salace ou de ridicule dans une langue existante et hop ! Je dois dire que les membres de mon petit comité de lecture -à qui je faisais lire l’histoire en cours de route- ne l’ont pas aimé du tout. Mais j’ai mis mon véto pour une fois, le titre serait Ahogur. Le seul piège que je me suis tendue avec ce titre, c’est que par la suite, j’ai dû inventer toute une kyrielle d’autres mots dans cette langue inventée et je me serais bien passé de cette nouvelle difficulté. »

 

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Tu as décidé d’éditer ta saga en autoédition. Peux-tu nous parler de ton choix de te tourner vers cette voie-ci ?

 

« En fait, vu le côté inattendu de la naissance de cette histoire, je n’avais, au départ, pas eu l’intention de la soumettre à publication. Je pensais qu’Ahogur resterait entre ceux qui me l’avait inspiré et moi…Et puis une amie qui avait déjà autoédité plusieurs livres m’a convaincue d’en faire autant. Selon elle, cela en valait la peine. J’ai demandé l’avis de mon petit comité de lecteurs et ils étaient tous d’accord pour dire que le livre pourrait séduire un lectorat plus large. Mais comme je savais que l’histoire n’était pas aussi « conventionnelle » que celles proposées par les maisons d’édition du genre Med/fan, je me suis dit que l’AE serait idéale, à tout point de vue. Pas de ligne éditoriale exiguë à respecter, pas de date butoir pour la sortie des tomes, une vraie liberté de création. Mais cette liberté a un prix car éditeur, c’est un métier et contrairement à lui, je n’avais pas les moyens financiers de déléguer. Le prix à payer est donc un travail acharné de corrections, relectures, création de couvertures, promotion. Pour des retours souvent minimes. Mais je ne vois pas ça comme des points négatifs car ils m’ont forcé à apprendre, à garder l’œil sur mon objectif, à m’organiser. Et apprendre, quel que soit l’âge qu’on a, c’est toujours du positif. J’ai fait beaucoup de faux pas, d’erreurs et c’est d’elles qu’on apprend le plus. Au bout de deux ans, je crois que je maîtrise plutôt bien le drakkar de ma saga. (rires) »

 

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Ton premier Tome fut édité en Décembre 2017 si je ne m’abuse. Es-tu satisfaite des retours que tu as eus depuis ?

 

« Oui, je suis toujours contente de découvrir qu’une personne de plus l’a lue et appréciée, même si ce n’est pas toujours un total coup de cœur. Mais en général, quand les lecteurs me font des retours, c’est qu’ils ont quelque chose à dire sur cette histoire. Pas juste « super ! j’ai aimé ! », non, j’ai eu des retours très profonds et touchants de personnes qui se sont reconnues, retrouvées, chez certains personnages. C’est pourtant un univers irréaliste ! Alors qu’ils s’y retrouvent, ça m’émeut toujours. Peut-être parce que cette histoire m’est venue pour des gens que j’aime, je crois qu’au-delà du fil imaginaire, les émotions y sont sincères, sans fards. Et ça, ça n’échappe pas aux lecteurs. Et ça vaut pour le premier tome comme pour les suivants… »

 

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Si je ne m’abuse, tous les volets de « Ahogur » ont un corbeau sur la couverture. Peux-tu nous parler un petit peu du choix de celles-ci ?

 

« Au départ, j’ai fait plusieurs propositions à mon petit comité. J’avais les éléments de la couverture en tête sans trouver comment les assembler. Et un brainstorming plus tard, j’ai retenu une idée que j’ai affinée ensuite, dans mon coin. Je voulais une couverture le plus sobre possible, qui ne dévoile rien de prime abord. Contrairement aux livres de Med/fan qui montrent tout, d’habitude (héro, paysage derrière, etc.). Non pas que je ne trouve pas ces couvertures jolies mais… Ce n’est pas moi.

Le corbeau fait partie de ces choses mystérieuses et symboliques auxquelles j’ai fait allusion à propos du titre. Les différentes positions de l’oiseau selon les tomes et les couleurs, elles aussi ont une raison symbolique. La seule « révélation » que je peux faire sans rien trahir de l’histoire, c’est que le corbeau représente le personnage central, Solène. C’est la raison pour laquelle il est sur toutes les couvertures. C’est son histoire. Mais si on y regarde mieux, le corbeau n’est pas le seul élément qui revient à chaque volume… »

 

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« Ahogur » c’est évidemment des romans mais aussi tout un univers. Tu as créé une carte que l’on retrouve au début de ce premier Tome et comme tu nous l’as dit précédemment, un vocabulaire. Peux-tu nous parler un petit peu de toute cette création qui entoure tes romans ?

 

« Concernant le processus de création de l’univers fantasy, je ne le dissocie pas de la création globale de l’histoire. Les paysages, créatures, détails, me viennent spontanément sans que j’aie à me demander « tiens il faudrait que j’ajoute telle ou telle truc bizarre pour faire plus fantasy ». Non, les choses se présentent parce qu’elles doivent être là, parce qu’elles apportent quelque chose au récit. Par contre, avec ma mémoire de poisson rouge, quand une idée me vient (une créature, un pouvoir particulier, une loi élémentaire de ce monde), je la note avec ses caractéristiques dans un carnet pour pouvoir y revenir si besoin est. Vu la longueur de la saga, j’ai plusieurs carnets à présent ! Je m’en passais jusqu’au 3ème tome mais la profusion de personnages et de situations géographiques m’a obligé à cadrer les choses pour conserver une vraie cohérence. Le cerveau a ses limites !

 

Pour les langues et le vocabulaire, idem, je note tout depuis que j’ai plus de trois mots inventés dans l’histoire. Et là, pour que tout tienne debout, ça demande un peu de discipline. Il faut garder une logique stricte, de mon point de vue. Par exemple, il y a un pays ou tous les noms de famille commence par T (ça peut sembler drôle mais il y a une raison à cela). Et ce pays a des origines communes avec un autre où les sons « è » s’écrivent « ey » ou « ee » (en autre chose). J’ai donc combiné certaines de ces particularités puisque ces deux pays ont des racines linguistiques communes. Pour la langue barbare, je me suis basée sur « Ahogur » pour inventer des mots dans le même genre de sonorité un peu abrupte. Bref, je résume, mais c’est une gymnastique intellectuelle intéressante. Par contre, je ne suis pas allée jusqu’à retranscrire des conversations entières dans ces différentes langues. C’est le genre de choses que je n’aime pas lire en fantasy (trop de chichis qui n’apportent rien à l’histoire, de mon point de vue). Non, je donne quelques clés, quelques traductions qui suffisent à donner une idée du type de langue que l’on parle et comment elle sonnerait à l’oreille.

 

Pour la carte, c’est comme pour le reste, elle se dessine au fur et à mesure. J’ai un imaginaire très visuel. Comme si les itinéraires apparaissaient en flou sous mon crâne et se faisaient de plus en plus nets quand je les décris en mots. Je ne saurais pas trop expliquer ça plus logiquement mais c’est ainsi que je le vis. Et là encore, comme pour le reste, je l’ai dessinée au fur et à mesure sur le papier pour ne pas me perdre moi-même et rester cohérente avec les indications données dans le récit »

 

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Ton roman est un récit écrit à la première personne. Peux-tu nous parler de ce choix de narration ?

 

« J’ai toujours préféré écrire à la première personne, même si ça limite un peu les angles de vue d’un récit. Mais je pense avoir une certaine facilité à me projeter en « un autre/une autre » et à retranscrire

ses réflexions, émotions. Et, pour avoir écrit sous d’autres formes narratives, je sais que je suis plus inspirée quand j’ai l’illusion d’être au cœur de l’action. »

 

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Comme nous le disions plus haut, ton premier Tome fut édité en 2017. A l’heure d’aujourd’hui, est-ce qu’il y a des choses que tu aurais peut-être désiré faire différemment ?

 

« Une chose, principalement. Quand je me suis lancée, j’ai suivi des conseils qui, s’ils n’étaient pas nécessairement mauvais, ne m’ont rien apporté. Le tout premier étant de scinder le premier jet en 3. En deux, cela aurait été suffisant. Ça peut avoir l’air d’un détail mais d’un point de vue d’auteur, j’aurais eu moins de travail vu qu’il a fallu que je revois les arcs narratifs de trois livres et… ça s’est fait dans la douleur ! (rires) Et puis, avec les retours des lecteurs, je sais maintenant que j’aurais pu, contrairement à ce que je craignais, leur donner à lire un pavé de 500 pages. Certains d’entre eux s’étant plaint de la moindre longueur des tomes 2,3 et 4 (autour de 400 pages). C’est d’ailleurs pour ça que les derniers tomes sont plus longs que les premiers à présent. Je peux me lâcher, je sais que les Ahoguriens (lol) liront les 600, 700 ou 800 pages que je leur proposerais. Mais tenir sur la longueur, ça met une pression folle sur mes épaules, je dois bien l’avouer. J’aime ce challenge, en livrant beaucoup de soi à travers un récit, on risque un peu sa peau aussi. Mais, comme on dit, qui ne risque rien… »

 

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Tu nous parles beaucoup de ton comité de lecture depuis le début de cette Interview et il semblerait qu’ils aient beaucoup participé aux diverses étapes de la création de « Ahogur ». Peux-tu nous en parler un petit peu ?

 

« Ce comité, c’est « l’équipe Ahogur ». A l’origine, ce sont les personnes dont je me suis inspirée pour créer les personnages. Puis certains de mes amis ont demandé à rejoindre le groupe car ils étaient curieux de voir où j’en étais de ma reprise de l’écriture. Ce sont des amis, une dizaine, à laquelle se sont ajoutées mes 5 bêta lectrices. Une équipe de quinze, on pourrait jouer au rugby maintenant !

Le fait que nous nous connaissions bien me permet de prendre leurs critiques sans détours. Et le fait qu’ils ne soient pas tous du milieu littéraire me permet d’avoir des points de vue très hétéroclites et enrichissants. D’autant que Ahogur est construit pour redonner envie de lire à des gens de tous niveaux littéraires. Là je dois m’expliquer un peu. L’histoire de l’héroïne débute alors qu’elle est une fille de la campagne mais son instruction se renforce au fil des tomes. Je voulais que le style d’écriture colle à son évolution. Le premier tome est donc écrit dans un style beaucoup plus « simple » que les derniers. Simple sans être simpliste. Notre langue est belle mais la littérature est parfois intimidante. Je voulais la rendre abordable sans l’apauvrir. Sans les membres de ce comité, je n’aurais pas eu toutes ces visions différentes et désormais, à chaque fois qu’un autre projet se profile, je le leur soumets parce que je sais combien tout ceci est précieux. Le travail d’un auteur est solitaire la plupart du temps, mais malgré tout ce qu’on peut se plaire à penser, on n’écrit pas uniquement pour soi. J’ai la chance d’avoir ces personnes en soutien, je ne pourrais plus m’en passer.

 

Bref, cette saga et son évolution, je la vis donc comme un travail d’équipe. Et à chaque étape (première centaine de livres vendues, première chronique, etc.), je les remercie et leur dit « on en est à tant de livres vendus, on a eu une belle chronique d’untel »… Même si j’ai tout écrit seule, ils sont toujours là quand Ahogur passe un cap. C’est ce qui me rend cette histoire si chère. Si particulière. »

 

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Tu as aussi écrit un recueil de poésies et de nouvelles, « Sous ma peau… Peut-être ». Peux-tu nous parler de ce dernier ?

 

« C’est un recueil de poésies un peu surréalistes se terminant par une nouvelle. La poésie reste mon premier grand amour et celles que je livre dans cet ouvrage sont le reflet de ce que j’ai pu être à une époque. Plutôt torturée et perdue, l’ensemble est assez sombre. La nouvelle en clôture est en fait la grande porte qui s’est ouverte sur une nouvelle vie qui m’a changée profondément. Mais je crois qu’il fallait que je passe par toutes ces épreuves, tous ces questionnements pour m’en libérer une bonne fois pour toute. Concernant la publication de ce livre, c’est arrivé un peu « magiquement ». Je postais chaque jour mes textes sur un forum littéraire et un jour, un des membres -un éditeur belge- m’a proposé de me publier. J’ai cru qu’il plaisantait au départ, mais non. J’ai donc signé chez Chloé Des Lys, sa maison d’édition et je me suis retrouvée avec mon livre en main peu après, comme dans un rêve. C’était il y a bien une dizaine d’années, un beau souvenir. J’ai réédité le recueil en AE ensuite, uniquement en numérique, pour le symbole. LE premier publié devait lui aussi être disponible en numérique. »

 

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J’ai aussi découvert que tu avais écrit « Poudre Noire » dont la description est pour le moins mystérieuse. Peux-tu, ici encore, nous en parler un peu ?

 

« Oui, Poudre Noire, c’est un peu une petite pierre au bord de mon chemin d’auteur. Je reste attachée à la poésie mais je sais aussi qu’elle se vend très mal. Malgré cela, j’ai voulu garder une trace de ce côté-là de mon écriture. Et, en le publiant, le rendre accessible à ceux qui voudraient en savoir plus sur mon « autre » univers. Je n’ai pas fait de battage ni de pitch très attrayant parce que je livre beaucoup de moi en poésie et c’est parfois nébuleux. Les esprits un peu tortueux s’y retrouvent et ils me suffisent. Les thèmes abordés sont très disparates, comme un éventail de traits de personnalité parfois contradictoires. Le titre, à lui seul, révèle plusieurs significations. La poudre noire, c’est la poudre à canon, l’outil des combattants. La poudre seule, évoque la douceur du maquillage et la couleur noire, l’obscurité, cette part d’ombre qu’on a tous. Poudre Noire, c’est ce que peut être une femme. »

 

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A l’heure d’aujourd’hui, quels sont tes projets pour l’avenir ?

 

« Je suis actuellement en relecture/correction du dernier tome d’Ahogur. Mais à priori, même si cela marquera la fin de cette histoire, ce ne sera pas la fin de l’histoire en elle-même. Je n’en dirais pas plus pour l’instant puisque je ne suis pas encore totalement fixée sur ce qui pourrait arriver « ensuite et en suite ». Simultanément à ces deux années d’écriture, j’ai écrit, de temps en temps, des nouvelles en rapport avec la saga qui paraîtront sous forme de recueil : les chroniques Ahoguriennes. En fait, ce sont de courts spin-off concernant des personnages secondaires de la saga. J’ai eu cette idée quand j’ai commencé à avoir des retours avec des questions précises sur certains personnages. Les lecteurs ont leurs chouchous et je me suis amusé à leur donner le premier rôle à eux aussi sur un format court. Ainsi, une des nouvelles présente les évènements des deux premiers tomes d’Ahogur mais vus par un autre perso que l’héroïne. Une autre explique les origines métissées d’un autre personnage, etc… On pourra avoir lu la saga et retrouver des choses qu’on a aimé mais on pourra aussi le lire comme un recueil de courtes histoires. Un bonus pour les fans et un avant-goût pour les non-initiés en quelque sorte. Ce qui est agréable pour moi dans cet exercice, c’est que je peux changer de mode de narration d’un texte à l’autre, c’est mon bonus personnel… »

 

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Enfin, pour achever cette partie, aurais-tu une petite anecdote d’écriture à partager avec nous ?

 

« Je n’ai pas de manie mais concernant Ahogur, le premier jet m’a fait perdre 12 kilos ! (rires) Comme je l’ai dit précédemment, j’en avais perdu le sommeil et l’appétit ! J’avais l’impression d’être possédée tant je n’avais envie/besoin que d’une chose : écrire ! Malheureusement, après les 1000 premières pages, j’ai retrouvé l’appétit et j’ai repris du poids ! Plus sérieusement, il m’est arrivé, quand j’écrivais de la poésie, de finir en pleurs tant le processus faisait remonter des émotions intenses en moi. Pendant l’écriture d’Ahogur, il y a eu une scène dramatique (mais nécessaire) qui m’a mise le moral à zéro, au point que j’ai laissé passer une journée avant de me remettre à écrire. Je pense que tous les auteurs connaissent ce genre de moment et je crois qu’on est d’autant plus honnête dans ce qu’on écrit si on le ressent aussi nettement que ses personnages. C’est bon signe quoi ! »

Conseils

Des

Quels sont les conseils que tu pourrais partager avec nous concernant l’édition d’un roman en autoédition ?

 

« Le plus primordial selon moi : prenez votre temps et travaillez. Contrairement à une publication en ME, vous n’avez pas de date butoir alors profitez-en pour peaufiner votre manuscrit. Correction, relecture, affinage. Je sais que quand on réalise qu’on peut facilement s’auto éditer, on est impatient de livrer au monde notre « chef d’œuvre » mais il faut raison garder. La précipitation n’apporte jamais rien de bon.

 

Ensuite, soignez la correction. Je suis sans doute de la vieille école mais je considère que c’est une marque de respect envers le lectorat que de lui offrir un texte avec le moins de fautes possible. Je dis « le moins » parce qu’il est certain que même en édition traditionnelle, on peut retrouver des fautes. MAIS ! Ce n’est pas parce que la médiocrité existe qu’il faut en faire son mètre étalon. Visez l’excellence car même si vous ne l’atteignez pas, vous aurez progressé dans cette quête… Je fais des fautes comme tout le monde, il en reste parfois dans mes écrits mais je ne pousse pas des cris d’Orfraie quand on me les signale. Soyez humbles et réalistes, d’autant que l’AE permet de corriger et republier autant de fois que vous le souhaiterez. Si vous pouvez le faire, faites-le, point barre. Ne ruminez pas les erreurs, corrigez-les.

 

Si comme moi, vous avez du mal à vous vendre en tant qu’auteur, focalisez-vous sur le livre comme s’il n’était pas de vous. Ne parlez que de lui, de l’histoire qu’il raconte et vous verrez que les gens s’intéresseront à vous s’ils aiment ce que vous dites, ce que vous écrivez. Ce sont eux qui donneront confiance en l’auteur que vous êtes. C’est par le lectorat qu’on devient écrivain quand on est déjà auteur.

 

Si vous écopez d’un avis négatif non argumenté, n’en tenez pas compte, c’est de la hargne pure et stérile. Mais si l’avis est négatif ET argumenté, examinez les points abordés sans pour autant remettre en question l’ensemble de votre histoire. Un ajustement peut être nécessaire mais n’oubliez pas que ce n’est pas vous que l’on juge, c’est votre livre. Et un livre en AE n’est pas figé dans le temps. Rectifiez si vous le jugez nécessaire après examen mais pas systématiquement, une critique, même argumentée n’est parfois qu’une affaire de goût. Ce n’est pas simple, je le sais…

 

Concernant les pièges à éviter… Ne tombez pas dans la facilité à aucun niveau. Soyez honnête. Il existe mille et une manières malhonnêtes et factices d’attirer le lecteur. L’achat de like sur les RS, le copinage entre auteurs pour faire monter artificiellement les avis sur les plateformes, les pseudo courbes de vente en hausse (quand un auteur achète lui-même 50 ex et montre ensuite les courbes pour se vanter de la hausse de son chiffre), etc… Toutes ces pratiques ne trompent pas le lecteur très longtemps. Dès qu’il lira votre ouvrage, l’arnaque sera évidente. Vous y gagnerez des avis négatifs et un bouche-à-oreille néfaste. On ne joue pas avec le feu sans se brûler, un jour ou l’autre. »

 

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Qu’est-ce qui est selon toi important pour mener à bien l’écriture d’un roman de Fantasy ?

 

« Tenir la cohérence de bout en bout. Mais ça vaut pour n’importe quel type de roman. Ne pas prendre le lecteur pour un jambon, jamais. »

 

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Aurais-tu des conseils à partager avec nous concernant l’écriture de poèmes, de nouvelles ?

 

« L’écriture de poésie pour moi est quelque chose de très instinctif. Je pourrais presque dire charnel ou animal. C’est sans doute pour ça que je préfère l’écrire en prose, pour la liberté qu’elle offre. Cependant, si on ne connaît pas les règles de base de la poésie dite classique, on part avec un handicap. On peut jouer de la flute sans connaître le solfège mais on ne deviendra jamais un virtuose avec cette façon de faire. La poésie mérite qu’on s’intéresse à ses mécanismes. Elle est pour moi ce que l’horlogerie est à la mécanique auto, et dans les deux cas, il faut avoir étudié un minimum. Je sais faire une vidange et changer une roue, je ne suis pas mécanicienne pour autant. Faire rimer deux mots ne fera pas de vous un poéte.

 

Pour les nouvelles, comme pour les romans, il s’agit de respecter certaines règles dont, par exemple, l’arc narratif qui est la base de toute histoire. Qu’il s’agisse d’un format court ou non, il faut le respecter. »

Dernier mot

Un

« Cette interview est sans doute la plus longue et la plus fouillée que j’ai faite ces dernières années ! J’espère ne pas avoir trop bavassé dans le vent et j’espère sincèrement avoir apporté un peu d’aide aux nouveaux auteurs en passe de se lancer. Je ne suis pas un auteur célèbre, confirmé, si tant est qu’on puisse l’être, adoubé par des chiffres et des montants. Mais aujourd’hui je sais pourquoi j’écris. Pourquoi j’ai ça en moi depuis toujours. Pour les autres autant que pour moi. Ceux qui me lisent et qui voyagent entre mes mots. Pour cette évasion que je leur apporte, hors d’une réalité impitoyable. Je n’ai aucune velléité de gloire ou de célébrité mais si un jour j’arrive à vivre de mes écrits, j’aurais atteint un niveau de paix intérieure que je ne peux qu’imaginer pour l’instant. Qui vivra verra !

 

Si tout ceci vous a donné envie d’en lire davantage de ma part, vous savez déjà que vous serez accueilli(e)s en ami(e )s parmi les Ahoguriens, de même qu’en poésie ou en romance. Vous vous sentirez comme chez vous dans mes univers puisqu’en définitive, j’écris pour Nous.

 

A bientôt ? »

Plume

L'avis de

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Le premier Tome de « Ahogur » fut une grande et belle surprise. Je ne m’attendais pas à m’attacher ainsi à l’histoire et aux personnages. Préférant habituellement l’utilisation d’une narration à la troisième personne, j’ai été agréablement surprise ici par la première personne. Elle apporte un charme à ce récit et une proximité non seulement avec Solène, mais aussi avec tous les autres personnages. Je me suis sentie immergée dans l’histoire dès les premières lignes, en grande partie grâce aux talents d’écriture de l’autrice.

 

L’un des grands points forts de ce récit pour moi, c’est les personnages. Ils sont attachants, réalistes et l’autrice a su leur donner une unicité que ce soit dans leurs caractères, leurs réactions, mais aussi dans leur façon de penser ou de s’exprimer. Il y a aussi l’histoire en elle-même dans laquelle j’ai plongé très rapidement et qui n’a pas cessé de me surprendre et même de m’émouvoir.

 

J’ai pris énormément de plaisir à découvrir « Ahogur » et c’est un roman que je conseille à tous les amateurs de Fantasy. L’histoire est unique, mystérieuse et elle saura je pense conquérir bon nombre de cœurs.

Sonia J. Fadda

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« Ahogur»

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