Remi Bomont

La Plume de

Histoire

Une

Legendion

Tome I  ❘  Edition - Des mots qui trottent - Disponible sur Fnac

« Il y a neuf siècles, le monde, frappé par la colère divine, sombra dans une ère rédemptrice où les âmes conscientes furent condamnées à vivre en nomades du temps. Aosus, Azzur, Magama, Cassade et Ocaria. 5 mondes pour 5 vies différentes.
Mais alors que l'humanité payait humblement les crimes de ses ancêtres, un ennemi mystérieux apparut, déterminé à entrainer les hommes dans une escalade de feu et de sang.»

Auteur

Un

Quand est-ce que l’écriture est entrée dans ta vie ?
 

« L'écriture est vraiment entrée par la petite porte. Je suis probablement tout ce qu'un auteur n'est habituellement pas. Je m'explique... je n'aime pas lire. C'est toujours une blague, j'adore lancer ça comme une bombe. Ce n'est pas tout à fait vrai cependant. J'adore les histoires, je me gave d'histoires. Depuis tout petit, je construis mes propres histoires et me baigne dans celles des autres. Mais je suis aussi Haut-potentiel (ou surdoué ou zèbre, à ta guise) avec tout ce qui cela peut impliquer chez certains de trouble de l'attention et d'hyperactivité psychique. Alors, depuis toujours, je lis extrêmement peu et je le regrette profondément. Trop lent, trop peu stimulant, je m'ennuie lorsque j'essaie, c'est un calvaire. La lecture m'est toujours apparue comme une corvée. J'ai pourtant connu le bonheur de la lecture compulsive où chaque page devient la dernière, mais en fait non, encore une ! Seulement, je suis trop impatient, rester concentré sur le texte me demande une énergie folle. Je n'y arrive qu'à de rares moments de l'année, souvent pendant mes vacances, sur la plage, le plus loin possible d'un quotidien remplie d'idées et de projets. Je lis lorsque je suis vide et apaisé. Très rare. Trop rare.
Bref, la littérature et moi, on n’a jamais été copain. Je n'ai pas lu mes classiques, je lis un à deux livres par an et j'ai trainé de monumentales lacunes en français toute mon enfance. Quand ai-je commencé à écrire?
En deux étapes, je dirais. L'un pour le fond, l'autre pour la forme. J'ai été victime d'une agression lorsque j'avais 13 ans. Pour ne pas sombrer, je me suis renfermé dans des mondes imaginaires. Cinéma et jeux vidéo principalement. J'y ai puisé le matériau dont j'avais besoin pour structurer mes idées, mes histoires. Quelque chose a commencé à germer en moi, source de plaisir et de frustration.
Ce n'est qu'à 17 ans que j'ai trouvé un moyen de m'en libérer. Durant la canicule de 2003, cloué au lit à grelotter par 39 de fièvre, ma convalescence m'a poussé à lire par plaisir le premier roman de ma vie. Il n'en a suffi que d'un pour m'éclairer le chemin. J'ai pris un stylo, du papier et j'ai écrit. J'ai posé les bases d'un univers que je n'ai plus jamais quitté, celui de Legendion. »

 

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Qu’est-ce que représente l’écriture aujourd’hui pour toi ?
 

« Je dirais que je suis un homme malheureux chronique qui a trouvé dans l'écriture le remède miracle. Torturé mon adolescence durant par mes propres pensées, j'ai trouvé dans l'écriture la stabilité mentale dont j'avais besoin pour donner un sens à ma vie. Le "sens", la "cohérence" sont les rouages clefs de ma mécanique de pensée. Mon esprit scientifique aspire à tout comprendre et tout ordonner en schémas logiques. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai besoin ni de fiches, ni de fresques chronologiques pour construire mes histoires. Il en est de même de ma vie. Je ne suis pas maniaque, mais j'ai profondément besoin de donner du sens à mes actions. Ecrire me donne ce sens et lorsque je m'arrête, je dépéris, je retombe dans mes tourments d'adolescents. Ecrire est aussi un moyen de faire taire le flux incessant de mes pensées, de la focaliser vers un objectif commun, un objectif qui a du sens. Lorsque j'écris, mon esprit arrête sa danse et commence à chanter. 
Cependant, mon quotidien anarchique ne m'accorde pas le privilège d'écrire à ma guise. Entre mon emploi qui n'est pas de tout repos (aide-soignant), ma vie de mari, de père, j'ai bien plus de temps pour imaginer mes scènes que pour les écrire. »

 

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Hormis l’écriture, as-tu d’autres passion ?
 

« Le seconde grande passion de ma vie, c'est les jeux vidéo. Mais attention, pas la compétition, la répétitivité m'ennuie. Je parle de ces jeux vidéo qui, comme les livres ou le cinéma, nous emportent dans une histoire fantastique. A l'exception qu'ici, je me sens acteur de l'aventure et non spectateur, une différence notable dans mon implication. Parfois, je me tourne vers ces jeux où l'on écrit sa propre histoire, où l'on est libre de vivre sa propre aventure. D'autres fois, je me laisse porter par des personnages forts pour une quête du héros incroyable. Zelda Ocarina of Times fut sans doute ma première grande épopée. Puis j'ai connu Final Fantasy VII, VIII et IX, probablement les jeux vidéo qui m'ont le plus appris sur la façon de construire un univers et une histoire forte, à travers des héros à la personnalité étendue. D'ailleurs, mon agression a eu lieu le jour même où j'ai acheté FFIX. Coïncidence, mais cette aventure m'a offert une bouée de sauvetage au milieu d'un océan d'angoisses. Tandis que le monde adulte m'avait frappé de plein fouet, l'Imaginaire m'avait permis d'encaisser le choc et y aller à mon rythme. Encore aujourd'hui, les jeux vidéo sont mes amis. Ils me distraient et m'emportent vers d'autres mondes. Ils me stimulent et me gardent concentrés. Ils sont ma lecture d'hyperactif, encadrés par des graphismes et des mécanismes de jeu. D'ailleurs, je lis énormément par eux. Certains titres comptes des milliers de lignes de texte. »
 

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Imaginons un petit instant qu’une malédiction s’abatte sur nos têtes et que tu sois dans l’obligation de ne choisir qu’un seul et unique livre pour le reste de tes jours, lequel se serait ?
 

« Si je ne devais choisir qu'un livre, ce serait Syberia, de Dana Skoll, une adaptation littéraire sans aucune prétention d'un jeu vidéo d'aventure dont l'histoire absolument passionnante va nous transporter à travers toute l’Europe. Je l'ai lu l'été dernier et j'ai replongé avec amour dans cette incroyable épopée que j'avais découvert sur mon écran d'ordinateur. Kate Walker est une femme formidable. Avocate américaine, elle est envoyée dans les Alpes par son patron pour réaliser la signature de la vente d'une usine d'automate. Malheureusement, la propriétaire est décédée avant son arrivée. Dans son testament, elle révèle que son petit frère, Hans, déclaré mort depuis des décennies, est en fait, toujours en vie, quelque part en Sibérie. Avec l'aide d'un automate à la langue bien pendue et d'un train à remonter mécanique, elle va se lancer aux trousses de ce mystérieux Hans, se découvrant au passage un gout pour l'aventure. Une fois encore, la puissance de l'enjeu donne du sens à ma lecture. Je suis quelqu'un d'hyperémotif et les aventures me soulèvent le cœur de joie à chaque fois. »
 

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Admettons maintenant que je sois en possession d’une baguette magique, au travers de quel personnage de romans t’imaginerais-tu le mieux ?


« Si j'étais un personnage de roman, je serais Ender de "la stratégie d'Ender" et "le Cycle d'Ender", de Orson Scott Card. On fait sa connaissance alors qu'il n'est qu'un enfant, un petit génie, qui affronte l'adversité comme j'aurais aimé le faire, qui comprend rapidement que pour vaincre un adversaire, la meilleure façon est encore de lui passer l'envie de t'affronter. Je crois qu'à travers lui, je réécris ma propre histoire. Moi aussi, j'aurais voulu frapper vite et fort, si fort que mes aggresseurs auraient perdu toute envie de se battre. J'aime aussi sa façon méthodique de réfléchir. Je me retrouve beaucoup en lui. Du coup, j'ai vécu la suite de son histoire, sa vie, dans les romans suivant, avec beaucoup d'implication, rendant cette saga de SF une des meilleures expériences littéraires de ma vie. »
 

Questions

Des

Comment t’es venue l’idée d’écrire « Legendion » ?
 

« Initialement, cet univers n'était pas pour moi, mais pour une ami de lycée, une dessinatrice très talentueuse qui manquait de la petite graine de fantaisie nécessaire pour briller. Elle m'a demandé de l'aide et j'ai cherché comment être original dans l'opulence des univers déjà existant. Rapidement, je me suis tourné vers un mélange de l'espace et du temps. Ma mécanique de pensée s'est très vite emballée. Je retenais ma créativité depuis trop longtemps, depuis toujours même. Cherchant toujours du sens dans toute chose, j’ai mis un point d'honneur à donner à mon univers de la cohérence. Même s'il est parfaitement différent du nôtre, je voulais qu'il se tienne, à l'instar de notre monde est régis par des règles. D'autres idées sont venus se greffer en chemin, à condition qu'elles passent mes critères de sélection à savoir: l'ai-je inconsciemment repompé ailleurs? J'essaie de proposer quelque chose d'original, un vrai défi à notre époque. S'imbrique-t-elle de façon cohérente dans l'ensemble de l'œuvre, sans venir contredire une règle établie. »
 

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Comment s’est déroulée l’écriture de ton récit ?
 

« L'écriture a été assez chaotique, au sens où il n'y a pas un début et une fin d'écriture. J'ai écrit une première histoire, que j'aurais honte de faire lire, tant son style, sa narration, ses personnages, ses fautes étaient maladroites, puis un jour, j'ai recommencé à 0, sérieusement et j'ai écrit un premier tome de 500 pages. Cette version aussi me fait un peu honte, mais elle fait partie de mon parcours. Je l'ai cependant auto-édité et vendu, bien qu'elle n'était clairement pas au niveau. L'histoire plaisait tout de même, malgré de nombreuses fautes et un style encore immature. J'ai continué avec le tome suivant. La vie faisant, mon temps pour écrire s'est réduit. Jeune père, dans la vie active, pas évident. Le problème quand on ne peut pas écrire tous les jours, c'est qu'une fois l'émotion de la scène en cours retombée, il faut ramer pour la reprendre. Il m'est même parfois arrivé de rester vide durant 2 mois. Après de nombreux refus d'éditeurs, j'ai décidé il y a quelques années de reprendre à 0 une fois encore l'écriture de ma saga. Un mal pour un bien. Mal, car réécrire ce qui l'avait déjà été fut une souffrance interminable. Cela me prit 5 ans. Un bien, car mon style ayant encore nettement progressé, j'enrichis tellement le premier opus qu'il me fallut le couper en deux, pour une aventure au rythme bien mieux équilibré, plus riche, plus passionnante (en tout cas, à écrire). J'ai fait tant de changement que je n'ai rien réutilisé de l'ancienne version passé les 150 premières pages. »
 

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Est-ce qu’au travers de ton récit tu as puisé ton inspiration dans la vie réelle ?
 

« Absolument pas ! Mon univers est si loin du notre qu'il m'a fallu imaginer comment il est possible de vivre et s'épanouir dans un tel milieu. Rien de ce que je ne vis, personne des gens que je fréquente ne me semble trouver sa place dans mon univers. J'ai un autre ouvrage en cours de rédaction à côté de ma saga, une histoire fantastique qui parle du pouvoir de l'imagination, qui se déroule dans notre monde contemporain et là, oui, mes inspirations sont nombreuses. Je pourrais même dire qu'elles sont autobiographiques, même si le personnage principal, une jeune femme du nom de Cassandre est fictif, son vécu, sa personnalité sont en partie construit sur la mienne.
Dans Legendion, impossible. Impossible pour moi, tout du moins. »

 

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Tu nous as dit avoir choisi l’autoédition lors de la première parution, pourquoi ce choix et comment s’était déroulé l’édition ?
 

« Après avoir cherché un éditeur durant plusieurs années, je choisis, en effet, d'expérimenter l'auto-édition. Je trouvai un imprimeur et me lançai. Un choix par défaut, qui montra vite ses limites.
Pour avancer, j'ai toujours eu besoin d'un objectif stimulant, un projet nourrissant me faisant avancer. L'auto-édition plaça trop de barrière sur ma route pour que je puisse me projeter. Difficile de trouver une forme de légitimité, d'être reconnu comme auteur en auto-édition. On traine ce petit côté amateur. En même temps, je l'étais sans doute encore. Jeune (22-23 ans), avec des moyens limités, il me fallut faire trop de concession. Et puis, mon style était trop jeune, avec trop de fautes, mon histoire, trop peu developpé. Je l'ai vécu comme un échec et une grande expérience à la fois. J'ai un peu honte de cette ancienne version, qualitativement insuffisant. Je ne crois pas avoir fait honneur à l'auto-édition. De toute façon, je n'aimais pas ça. Le contrat d'édition à compte d'éditeur est tout ce qui m'a jamais inspiré, légitimé. »

 

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Est-ce que tu peux nous parler de la seconde édition de « Legendion » ?
 

« La seconde (et vrai, mes yeux) édition m'est tombé dessus au moment où je n'y croyais plus, après des années à envoyer des manuscrits à des maisons d'éditions ne prenant même pas la peine de répondre.
Courant 2018, je ne saurais dire quel mois (entre avril et juin), j'avais monté une pétition, motivé par ma femme et un ami, pour montrer aux éditions le potentiel lectorat à gagner. Sans surprise, cela n'eut pas grand succès, une centaine de signature, et les mois passèrent. Jusque début Aout 2018 où un inconnu me contacta, se présentant comme un éditeur intéressé par mon ouvrage. Il avait vu la pétition. Il s'agissait de Sylvain Facon, mon éditeur, des Editions des Mots qui Trottent. Il me présenta sa maison, me guida vers ses auteurs pour que je leur pose des questions. Je lui envoyai mon manuscrit, qui lui convint. Lui n'eut pas peur d'éditer un inconnu portant une saga de six tomes. Le premier tome sortit en Novembre, pour le salon du fantastique de Paris. Une première expérience dans ma nouvelle peau d'auteur légitime. Je fis la connaissance d'un collègue, Bastien Jardot, auteur de fantasy et SF aux Editions des Mots qui Trottent lui aussi, qui devint dès lors un bon ami. Il se passe rarement une semaine sans que nous échangions via internet. Depuis, je me suis découvert un improbable gout pour le commerce et le marketing, moi qui en avait horreur. Il semblerait que je crois suffisamment en ma saga, cette fois, pour l'assumer pleinement. »

 

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Ton récit est disponible depuis novembre dernier me semble-t-il, as-tu eu les retours que tu désirais jusqu’à maintenant ?
 

« Franchement, oui. Je dois me construire un nom. Je suis un "random", comme on dit. D'autant plus qu'une saga croît sur la durée. Deux tomes sont déjà parus. Ceux qui ont aimé le premier tome, ont acheté le second et l'ont encore plus aimé. Les critiques sont excellentes, certains ont même parlé de "révélation". Ma communauté Facebook grandit, le troisième tome est en marche, générant un peu plus d'enthousiasme que le précédent. Petit à petit, je me construis un lectorat et le bouche à oreille fait son effet. Depuis cet été, mes livres commencent à se vendre tout seul. Je suis sur un nuage et expérimente pour la première fois le stress d'échouer la suite. Mais j'ai confiance en mon imaginaire. Mon univers n'a pas fini de se révéler et de surprendre.
En Novembre, retour à Paris pour le salon fantastique, bien plus prêt et équipé que je ne l'étais la première fois. J'apprends sur le tas, j'expérimente, tout comme mon éditeur, qui, à travers trois de ses auteurs, fait une excursion dans l'univers de la SF-Fantasy. Je sais que plein de belles choses sont encore à venir. »

 

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Tu nous as dit mettre un point d’honneur dans la cohérence de ton récit. Peux-tu nous parler de ta méthode d’écriture ?
 

« J'écris de façon assez linéaire. J'ai besoin de suivre précisément l'évolution de mes personnages au fil de ce qu'ils traversent. Je suis avec eux, dans leur tête. Quand j'ai réécris le premier tome, il m'a été très difficile de regresser dans leur personnalité, de faire abstraction de tout ce qu'ils avaient déjà vécu dans mon esprit et reprendre du point initiale où démarre mon histoire. Parfois, il m'arrive tout de même d'écrire une scène en avance, quand elle germe spontanément dans mon esprit, ou encore de reporter un flashback, car là, ça ne vient pas ou lorsque je ne veux pas décrocher la trame principale. Je n'ai, jusqu'à présent, pas d'autre outil que ma tête. Il est vrai que ça devient difficile. Les fiches personnages ne me servent à rien, car je ne les relis jamais. Une frise chronologique pourrait me servir, ne serait-ce que comptabiliser les jours passés dans chaque Echo, étant donné qu'il y en a 25. Pour travailler la cohérence de mon univers, je pourrais résumer ma méthode au "feeling". Comme si mon univers était une partie de domino étalée sur une table et que je devais chercher, à chaque nouvelle idée, si je pouvais la caser quelque part, si elle était raccord avec le jeu. Clairement, il y a des règles, comme dans notre monde. Elles sont définies et de nouvelles émerges à mesure que j'écris. J'ai un exemple simple: la princesse d'Escasam, traditionnellement, ne doit porter que des robes bleus et/ou blanche lorsqu'elle se présente en public, pour représenter la pureté, et ce, jusqu'à son mariage. C'est une règle que je définie dès la première moitié du premier tome, une règle peu importante pour l'histoire, un détail. Mais les détails donnent au monde sa substance. C'est ma femme qui m'a fait remarquer, un jour, que dans une scène, elle portait une robe rose. J'ai vite rectifié ça. C'est le défis de tout univers inédit, poser des règles et les respecter. »
 

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Peux-tu nous parler un petit peu de ce qu’est « Le Cercle de Seheiah » ?
 

« Le Cercle de Seheiah est un ordre fondé par Mamias, l'abbé du monastère de Saint-Rehael. Lui et un groupe de moine se sont auto-proclamés paladins, au nom de Seheiah la curatrice, l'un des archanges du dieu Zahâl. Ses intentions sont ambigues, surtout du point de vue d'Eloran, dont le coeur balance entre son amitié pour cet ancien mentor et ses apparentes traitrises. En dire plus spoilerait l'histoire. Disons que le Cercle de Seheiah est l'intrigue par laquelle s'introduit un scénario plus vaste qui portera la saga entière. »
 

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Sais-tu d’ores et déjà combien de Tomes différents composeront « Legendion » ?
 

« Lorsque j'ai commencé à écrire, il m'est rapidement apparu que mon histoire nécessiterait trois tomes pour être complète, mais à mesure que j'ai progressé dans ma capacité à raconter des histoires aux multiples ramifications, j'ai compris que cela ne suffirait pas. Le troisième tome ne sera donc pas le dernier pour la simple raison que l'histoire sera loin d'être terminée. Je me suis promis de refermer chaque porte ouverte, de ne jamais tomber dans la tragédie personnelle que fut la série Lost où les showrunners ouvrirent toutes les portes qu'ils croisaient jusqu'au jour où ils retrouvèrent bien incapable de les refermer. Je peux les entendre d'ici s'ếtre dit: "Merde, c'est devenu un vrai labyrinthe, impossible de boucler ça proprement. Tant pis, on laisse tout ça en bordel et on finit sur un tire-larme, ça passera crème." Je crois que cette série m'a beaucoup appris sur la cohérence. Sans parler de toutes ces fins baclés que le cinéma nous déverse. Combien de bons films m'ont été gâchés par une fin médiocre ou précipité ? Bref, je m'égare. Il y aura six tomes. Pas pour faire jolie, pas pour faire "grosse saga". Il y aura six tomes, car il ne m'en faut pas moins pour refermer chaque porte, pour compléter chaque arc narratif, pour finir proprement ce que j'ai commencé. »
 

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Où en es-tu dans l’écriture de ce troisième Tome ?
 

« J'ai attaqué sérieusement ce troisième tome dès mon retour de vacance, début juillet. Ce fut un mois intense, productif, trop peut être, car dès aout, je suis tombé dans un vide créatif dont je ressors seulement. Je dois me replonger dans mon univers, faire renaître l'émotion qui guide mon travail. Actuellement, je compte une centaine de page. Sa sortie est prévue en mai, donc j'ai encore le temps, mais je découvre la pression que peuvent exercer des délais et la gêne qu'ils occasionnent dans mon travail. Je vais devoir apprendre à vivre avec. J'ai encore du boulot ! »
 

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J’ai appris que tu avais plusieurs nouvelles que tu souhaiterais un jour éditer. Peux-tu nous parler un petit peu de celles-ci ?
 

« J'en ai une dizaine, pas assez pour en faire un livre, même petit. Elles sont le résultat d'un besoin impérieux d'exprimer différents mal-êtres qui m'ont bouleversé. La plupart, en tout cas. Derrière mon infatiguable sourire, je suis quelqu'un de très angoissé. Elles abordent différents thème qui, je le crois, me ramène toujours à une seule et unique peur, celle de mourir. Je n'ai rien à raconter sur les bons moments, je me contente de les vivre. Tandis que la tristesse, la noirceur, sont de puissants moteurs à l'écriture. J'imagine donc que je devrais me réjouir d'en avoir si peu écrit. J'ai, cependant, envie de les partager. Elles abordent des émotions que nous connaissons tous, des angoisses que nous devons tous gérer. Elles sont tellement plus personnels que Legendion, et en même temps, tellement plus humaine. »
 

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Tu nous as parlé d’un autre projet en parallèle de « Legendion », peux-tu nous en parler un petit peu ?
 

« Il s'agit d'une Nouvelle dont j'ai clairement perdu le contrôle. Au début, il s'agissait de "partie 1", "partie 2", et puis elle s'est tant étendue que je n'ai pu faire autrement que me la déclarer "nouveau projet de roman". Je l'ai titré "La cathédrale des songes", c'est une histoire fantastique contemporaine, ce qui me change beaucoup de la Fantasy où je fixais moi-même les règles. C'est un hommage à l'imaginaire, dont je me suis nourris dès mon enfance. A travers son personnage principal, d'ailleurs, j'en fais une oeuvre semi auto biographique, car la moitié de ce qu'est Cassi et ce qu'est son passé provient directement de ma personnalité et ma propre vie. Surtout les détails. Pour ce qui est du synopsis, le voici: Dans sa plus tendre enfance, Cassi a été  témoin d'un drame, le suicide de sa mère. Grandir avec un tel traumatisme a été une terrible épreuve qui la conduite à renier et oublier son incroyable don. En effet, depuis toute petite, Cassi avait le pouvoir de plonger dans son imagination. Littéralement. Elle donnait vie dans son esprit à tout ce qu'elle désirait, vivait et ressentait tout ce qu'elle souhaitait. Des années plus tard, dans sa fade vie de jeune adulte, il se produit quelque chose. D'un simple croisement de regards, elle fait la rencontre d'une personne qui partage le même don. Tout refait alors surface. En renouant avec ce qu'elle est et ce qu'elle peut, en se liant d'amitié, puis d'amour avec cette personnes étrangère, Cassi va s'engager sur un chemin bien plus complexe qu'elle ne s'y attend. Une quête de sens sur ce qu'est la création, la vie, la réalité, l'imaginaire. Si je devais résumer ce roman en une phrase, je dirais simplement qu'il s'agit de l'Inception de l'Imaginaire, ce qui un tantinet prétentieux, mais allons-y la folie! En tout cas, c'est un roman très technique à écrire, car, puisque Cassi s'amuse à jouer les architectes de l'Imaginaire, je dois faire des recherches denses sur tout ce qu'elle crée, afin de ne pas dire de bêtise. Et croyez-moi, elle n'a aucune limite! Néanmoins, comme dans tout ce que j'écris, l'émotion est prioritaire, et joies et drames vont rythmer cette histoire qui me touche et qui, je l'espère, touchera mes lecteurs. J'ignore quand trouverai-je le temps et la passion nécessaire pour le finir? Je tenterai une nouvelle avancée entre les tomes 3 et 4 de Legendion. »
 

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J’ai pu voir que tu étais aide-soignant. N’as-tu jamais songé à écrire sur ta vie, ton métier, à inclure celui-ci dans tes écrits ?
 

« Absolument pas. Je considère une dualité profonde dans ma personnalité. Une fraction de moi est liée au réel. Elle est terre à terre, sérieuse, responsable et n'a absolument rien à raconter. C'est là que se place ma vie d'aide-soignant. Ma vie d'auteur est de l'autre côté, dans ma fraction irréel, où les histoires existent, où la beauté et l'aventure palpitent, où l'absurde peut être.
J'en fais bien quelques référence dans mon one shot, puis Cassi est aide-soignante. J'exploite quelques situations, mais cela reste anecdotique. »

 

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N’est-ce pas trop difficile pour toi de lier ton métier tout en travaillant en parallèle sur tes récits ?
 

« C'est hyper difficile. J'ai besoin de TEMPS ! Laissez-moi écrire, par pitié ! Plus sérieusement, c'est une grande frustration et je remercie l'univers d'avoir inventé l'école, me permettant ainsi de trouver des matinées pour écrire en paix. Je ne peux écrire lorsque mes enfants sont là. Ils sont un brouhaha dans ma tête qui brouille mes idées. Je suis de nature à compartimenter. Ma vie de père, ma vie de mari, ma vie d'aide-soignant et enfin ma vie d'auteur. Si je les mélange, je perd mes moyens. Quant à mon travail, je consacre mes vingt minutes de pauses à l'écriture. C'est peu, mais ça me permet d'entretenir la flamme, de ne pas perdre l'émotion. Au délà de deux jours sans écrire, c'est fichu, je sais que je vais "galérer" pour replonger. »
 

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Est-ce un rêve pour toi de pouvoir vivre seulement de l’écriture ?
 

« Après plusieurs années dans la restauration, devenir aide-soignant fut une chose merveilleuse, une chose qui avait du sens, qui correspondait à l'homme que j'étais. Malheureusement, les conditions de travail du métier n'aidant pas, l'état de mon dos m'a vite amené à la certitude que je ne pourrais pas l'exercer bien longtemps. De plus, je suis une personne très vive d'esprit, en quête perpétuelle de nouveauté. Je me lasse de tout très vite. Ecrire est la seule activité qui ne m'ait jamais lassé. En tant qu'auteur, on invente et on se réinvente. L'ennui ne vient jamais. C'est tout ce que j'aime, c'est une source de bien-être et de bonheur infini. Oui, un grand OUI sans hésiter, si je le pouvais, je m'y consacrerais. »
 

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Tu travail d’ores et déjà sur plusieurs genres différents. As-tu pour projet d’en travailler un nouveau dans un futur plus ou moins proche ?
 

« Legendion va m’occuper encore plusieurs années. Difficile de savoir ce à quoi j’aspirerai lorsque je terminerai cette saga. Mais je pense pouvoir tenter quelques affirmations. Pas de polar, j’en ai horreur. Même en série télé, ce genre à le don de me plonger dans un profond état d’ennui. Pas de poésie non plus. Passer des heures sur chaque tournure, non merci. De façon global, l’écriture me permet de m’évader, donc il y aura, je pense, toujours un côté fantastique. Cependant, construire un univers entier demande une énergie énorme, et après Legendion, il est fort possible que je continue sur le fantastique plus que la fantasy. »
 

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Selon toi, qu’est-ce qui rend la saga « Legendion » unique ?
 

« Legendion est unique sur le fond, car son univers, son contexte spatiotemporel est inédit, construit en ne s’inspirant de rien d’existant, si ce n’est l’époque médiévale. Mais les Cycles entre les cinq mondes permet des situations uniques impossible dans le réel. L’une d’entre elle est d’ailleurs un élement fondateur de la trame du personnage principal.
La saga est aussi unique sur la forme, car, comme je l’ai déjà dit, je lis peu, et surtout pas de la Fantasy. J’ai développé mon style en autodidacte, avec un minimum d’influence. Je pense donc sortir de la fantasy traditionnelle dans la narration, notamment en accentuant les émotions et les états d’esprit de mes personnages. Les lecteurs me disent aussi souvent qu’ils ont l’impression de voir le film dans leur tête, ce que j’attribue à mon gout pour le cinéma. »

 

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En terme d’écriture, comment imagines-tu ton avenir ?
 

« Se projeter est toujours un exercice agréable. La réalité sera sans doute quelque part entre ce que je vais exposer et son opposé. Je n’ai, pour l’instant, aucune critique négative, tout juste quelques points soulignés. Beaucoup aiment. La plupart adorent. Certains ont le coup de cœur. Dans ces conditions, Legendion ne peut que gagner en réputation. C’est l’avantage d’une saga où chaque nouvel opus renforce le succès (à condition de ne pas décevoir). Dans mes calculs, le T3 va booster ma saga, mais ce sera avec la sortie du T4 que, pardonnez-moi l’exception, je ferai ma place dans le « game ». Dans mon avenir fantasmé, la « professionnalisation » de ma saga va continuer a attirer plus de lecteurs. Mes récents roll-up sont juste magnifiques, ils attirent l’œil au premier regard et j’ai hâte de les dérouler sur mes prochains salons. J’ai aussi des sacs papiers Legendion, des goodies (des badges, bientôt des marque-pages etc…), toujours dans le but de cultiver l’image de la saga, premier vecteur d’achat avant de conquérir par la lecture. Je crois en mon histoire, en ma vision marketing (nécessaire pour exister et se faire remarquer parmi tant de choix de livre). Dans quelques années, riche d’une saga de 6 tomes (et j’ai foi en la qualité de l’histoire que je réserve à mes lecteurs), je pense pouvoir sortir mon nom d’auteur et « Legendion » de l’anonymat du net, avec, peut-être, entre les ventes de romans et de produits dérivés, la chance de pouvoir vivre de cette activité, arrêter mon métier actuel et me consacrer à 1000 % à l’écriture. »
 

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As-tu une anecdote d’écriture à partager avec nous ?
 

« Lorsque j’ai imaginé mon univers et qu’il m’a fallut nommer mes personnages, j’ai baptisé l’un d’entre eux « père Mamias », l’abbé d’un monastère et personnage secondaire. Des années plus tard, lorsque j’ai fait baptiser mon fils, il m’a fallut louer une salle pour la fête. La coïncidence ( ou pas) a fait que celle-ci portait le nom de « Salle père Mamias ». J’en suis resté scotché plusieurs secondes durant. Un signe de l’Univers peut-être. »
 

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Pour finir, je sais que tu participes à des salons, peux-tu nous en parler un petit peu ?
 

« Avant de trouver un éditeur, je voyais les salons comme ma bête noire. Je n'ai jamais eu la fibre commerciale, je n'aime pas la vente et je déteste qu'on vienne me vendre quoi que ce soit. M'imaginer me mettre dans la peau d'un vendeur ne m'enchantait guère.
Il y a presque un an tout pile, je me suis retrouvé au salon du fantastique de Paris pour la sortie de mon roman. C'est là-bas que j'ai eu entre mes mains mon premier exemplaire. Soudain, je me suis retrouvé face à des centaines de personnes avec mon sourire naïf, mon inexpérience et mon malaise. Plein de bonne volonté, j'ai fait de mon mieux, malgré mon air gêné, pour présenter ma saga et donner envie de lire Legendion. J'ai beaucoup appris ces 3 jours là. J'ai observé mon confrère, Bastien Jardot, j'ai observé mes autres ME avec leurs grands Kakemono roll'up et autres éléments de décorations. J'ai fait mes propres leçons et les ai appliqué un peu plus à chaque salon qui ont suivi. Lentement, j'ai trouvé mon ton, mon attitude, ma place. Plus important encore, j'ai trouvé le plaisir de la rencontre. Honnêtement, et j'en suis le premier surpris, j'adore les salons, porter le costume d'auteur. J'aime l'image que mes nouveaux lecteurs me renvoient de moi-même. C'est une vraie cure de jouvence et cela me remplie d'une confiance en moi dont j'avais franchement besoin. Aux Imaginales, j'ai même pu gouter à la satisfaction de dédicacer un livre déjà acheté auparavant via Internet. La jeune femme était venu spécialement pour avoir sa dédicace. J'attend chaque date avec impatience et après un été affreusement calme en salon, je compte les jours qui me séparent du prochain. »

 

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Dans quel(s) salon(s) pourront te rencontrer tes lecteurs à l’avenir ?
 

« Être sur les salons est important. C'est la façon la plus rapide de gagner de nouveaux lecteurs, d'élargir mon lectorat. Cela permet aussi de montrer la personne derrière une oeuvre, de créer un souvenir positif. Il existe énormément de salons et tous ne sont pas pertinent. Par exemple, j'ai remarqué que les salons de littérature générale ne sont pas beaucoup fréquentés par les lecteurs de fantasy. Pour atteindre mon public, j'ai dû cibler les salons dédiés au fantastique. Gérer les différents mails ou les "vents" (il y en a beaucoup) de tous ces salons, les échanges avec mon éditeur, m'a demandé une certaine organisation. J'ai monté un fichier de suivi regroupant les évènements et leurs étapes de progression dans mes demandes d'inscription. Mais tout ceci relève de la question précédente.
Factuellement, je serai les 31 octobre, 1 et 2 novembre au salon du fantastique de Paris, espace Champeret. Les 23 et 24 Novembre, vous pourrez me retrouver aux Jeux du Stan à Nancy, et j'ai fraichement eu conformation de ma présence à l'édition 2O2O du salon du fantastique de Paris. D'autres dates sont en attente de confirmation. »

 

Conseils

Des

Quels conseils donnerais-tu à un auteur qui souhaiterait faire éditer l’un de ses récits ?
 

« Je vois trois façons d'exister en tant qu'auteur, mais certaines méthodes le font mieux que d'autres. Il existe l'auto-édition, l'édition à compte d'auteur et l'édition à compte d'éditeur. Dans les faits, seules deux sont valables. L'édition à compte d'auteur est une arnaque. Ne vous emballez pas trop lorsque, deux semaines après l'envoie de votre manuscrit, vous recevrez un joli contrat d'édition dans votre boite au lettre. Personne n'a posé les yeux sur votre texte. Une belle somme entre 2500 et 3000 euros est réclamé pour "participer" aux frais d'édition. N'écoutez pas les belles promesses. Aucune promotion de sera faite, le travail se résumera à l'impression et l'expédition de vos livres. Des dizaines de personnes se font avoir chaque jour, ce qui est bien dommage. Ces maisons d'éditions se multiplient sur Internet. Elles sont malhonnêtes, profitent de votre désespoir de trouver un éditeur. Vous obtiendrez le même résultat avec l'auto-édition, sauf qu'avec cette dernière, vous garderez les droits d'exploitation et l'impression vous coûtera beaucoup moins cher. L'auto-édition offre un panel d'avantages et d'inconvénients que je ne saurais lister de façon exhaustive. Internet le fera pour vous, si vous cherchez. J'ai tenté par moi-même par le passé. Cela demande des moyens conséquents. Les salons sont essentiels à la promotion d'un livre et sans un éditeur capable de prendre en charge les frais de déplacement, de logement, mieux vaut être en capacité d'investir un minimum. Parler d'argent est inévitable, car il définie nos limites, en matière d'auto-édition.
Reste l'édition à compte d'éditeur, celle que j'ai préféré et aussi la plus difficile à obtenir. Je pourrais faire un long discours comme le font les acteurs sur le fait de croire en ses rêves et que la vie récompense la persévérance, mais ce serait renier mon côté très terre à terre. Les places sont chers. Clairement, j'ai eu de la chance. Il n'existe pas une journée sans que je remercie l'Univers de m'avoir accordé l'accomplissement d'un contrat d'édition à compte d'éditeur. Les qualités de votre texte et votre acharnement suffiront peut-être, ou pas. Cela ne fait pas de vous un auteur raté. D'autres préfèreront se tourner vers l'auto-édition. On ne peut que se battre pour ce qu'on aime. Si ça marche pour vous (et je vous le souhaite), tant mieux. Si ça ne marche pas, vous aurez la conscience tranquille. Ne vaut-il pas mieux vivre avec des remords plutôt qu'avec des regrets ? Quand on fait de son mieux, on peut avancer sereinement. L'échec n'est qu'une étape. Si je devais donner quelques conseils, je dirais d'éviter de proposer directement une saga à une ME. Je l'ai fait, naïvement, et par miracle, un éditeur a cru en moi. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé l'ampleur du risque prit (pour lui). Car pour les ME, il s'agit de prises de risques. Risquer que la saga perde en qualité, ne s’essouffle, que l'auteur l'abandonne en plein milieu. Les "oneshot" sont plus simples et vous aurez plus facile à trouver un éditeur ainsi.
Dans tous les cas, et c'est le point le plus important pour moi, que ce soit en auto-édition ou à compte d'éditeur, veillez à la qualité de votre couverture. Ce n'est pas toujours simple. Cela demande des compétences que tout le monde n'a pas ou de longues négociations avec son éditeur, mais retenez bien que le premier contact de votre roman avec ses potentiels lecteurs se fera par la couverture. Votre texte peut être géniale, si vous ne donnez pas envie de s'y plonger, personne ne le saura. Mettez cette corde à votre arc : avant de vendre un livre, vous vendez un marketing. Ce n'est qu'une fois conquit par l'emballage que le lecteur ouvrira le livre et comprendra avoir fait le bon choix. »

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Qu’est-ce qui est rédhibitoire pour toi dans un récit ?

« Une question d'autant plus difficile que je décortique rarement ma méthode de travail. J'écris au "feeling", en autodidacte, loin de tous ces codes pompeux de la littérature. Je n'aime pas les descriptions à rallonge, je ne décris jamais beaucoup mes personnages, car je veux que chacun y mette le visage et le physique qu'il veut. Je n'aime pas les récits sombres, glauques, où l'horreur ne sert rien d'autre qu'elle même. Je n'aime pas les anti-héros, les salopards cruels aux aventures sales. J'ai un amour profond pour les quêtes du héros. Mon adolescence durant, j'ai grandis avec l'obscure sensation d'être différent, à part. Pour ne pas couler dans ma solitude, j'ai dû m'imaginer être porteur d'une grande destinée. Je trouve ces histoires porteuses d'une émotion entrainante. Je n'ai rien contre les clichers, s'ils sont bien utilisés. Ce n'est pas tant l'archetype que ce qu'on va en faire qui compte. Lerena, mon second personnage principal, est une princesse qui refuse de prendre époux. On ne peut pas faire plus clicher, et ce, depuis que Walt Disney a posé la référence. Mais je crois que la profondeur de mon personnage et sa consistance dépasse cette limite. Par contre, je ne supporte pas les copies. Faire autrement du déja vu, j'en ai horreur. Voilà peut-être le plus rédhibitoire, la flemme créative. »

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As-tu des conseils d’écriture concernant un récit qui s’étend sur plusieurs Tomes ?

« Parfois, on ne choisit pas. Une saga nous tombe sur l'imaginaire et nous voilà coincé, sans autre choix que de l'écrire. C'est ce qui m'est arrivé. On ne décide pas de faire une saga. Elle s'impose à nous. Dans le cas contraire, ce sera sans doute une mauvaise saga ou une saga commerciale, où on extrapole un univers et une histoire au-délà de ce qu'ils auraient dû. Si vous avez une histoire trop grande pour un seul tome, ne tronquez pas votre créativité. Si vous rêvez de faire une saga et rallongez votre histoire de fausses péripéties, mauvaise idée. Construire une saga ne s'improvise pas. Chaque tome doit avoir son intrigue et faire avant l'introgue globale. Chaque porte que vous ouvrez devra être refermée plus tard, même cinq tomes plus loin. Personnellement, je n'ai pas de fiche, je n'y arrive pas et c'est bien dommage, car tome après tome, ma saga est de plus en plus envahissante, écrasante. Tôt ou tard, je vais relire tout ça et me forcer à faire des fiches, pas le choix. Lorsque de multiples sous-intrigues s'entortillent comme des racines, mieux vaut s'accrocher pour ne pas en manquer une. Il n'est pas rare que me revienne soudain un détail oublié.  » 

 

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Quel est le conseil le plus important que tu pourrais donner à un autre auteur ?

« Vivez chaque scène comme si elle était réel. Projetez les toutes, sans exception,  dans votre espace de pensée, jouez-les encore et encore, comme un film que vous rembobineriez à n'en plus finir. Lorsque vous vous relisez, laissez la narration glisser sur votre esprit. Si c'est imparfait, inharmonieux, réécrivez là, reformulez là, encore et encore. Ecrire est un investissement total, sans demi-mesure. Si on veut bien le faire, on le fait par passion, pas par ambition. Le lecteur sentira la différence. Une écriture saine est une écriture du coeur. »

Dernier mot

Un

« Un mot pour mon oncle, décédé à 17  ans, l'âge où j'ai commencé à écrire, un âge où, normalement, la vie s'offre à nous de ses plus belles promesses : "Je ne t'ai jamais connu. Pourtant, je me sens proche de toi'.
Un mot pour l'enfant que j'étais, qui se demandait devant le miroir s'il allait réussir sa vie. "Mon garçon, pour l'instant, tout va bien".
Un mot pour l'homme que je serai à l'autre extrémité de ma vie: "J'espère que tu as assuré, car j'aime à croire que le meilleur est à venir. Attend moi là, j'arrive!"»

Plume

L'avis de

J'ai eu l'opportunité de parcourir les lignes de ce premier Tome. L'univers est original, nous plongeant dans un monde de Fantasy parfaitement construit. On retrouve cette cohérence dont tu nous parles, cet aboutissement. Tu nous intrigues, nous intéresses et nous emmènes auprès de tes personnages principaux. Tu ne laisses pas la place à l'ennui et ton écriture nous plonge dans ton monde. Ce qui m'a le plus bluffé c'est bien évidemment la construction de ton récit, de cet univers complexe dans lequel nous arrivons ignorants mais dont tu arrives à nous expliquer les tenants et aboutissants sans jamais nous lasser. Des mystères, des peurs, de la colère mais aussi de l'amour, on voyage avec tes personnages qui sont réellement attachants. L'autre fait que j'ai particulièrement apprécié, c'est que chaque personnage à sa place, son histoire. Bien souvent, il n'y a qu'un personnage principal auquel bien sûr on s'attache, mais ici tu as réussi à ce qu'aucun ne soit laissé de coté pour que tous nous touchent. Cette saga réserve de belles surprises, c'est certain, et saura conquérir le coeur des amateurs de Fantasy.

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REMI BOMONT

LEGENDION

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