Lexie Tibo

La Plume de

Histoire

Une

Cette dernière volonté qu'il ne respectera pas

AutoEdition ❘  Disponible sur Amazon

« Un père de famille apprend le jour de la rentrée scolaire de son garçon que son père est décédé.  Ce dernier a laissé un testament dans lequel il expose ses dernières volontés à ses deux fils. Testament qu’ils se refusent à respecter en l’état. C’est le début d’une série de confrontations avec la fratrie du défunt sur fond de non-dits familiaux. »

Auteure

Une

Depuis combien d’années environ l’écriture est entrée dans ta vie ?

 

« De façon constante. L’écriture est entrée dans ma vie il y a dix. Je venais de m’installer à Nantes pour exercer le métier d’Accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH). Nous devions régulièrement analyser nos pratiques. Je me suis souvenue que j’ai toujours voulu écrire. Aussi ce qui était à la base une obligation est devenue une passion. Puis de fil en aiguille je rédigeais des textes plutôt autobiographiques. Cependant je n’étais pas satisfaite du résultat. Par conséquent tout est passé à la poubelle. Je m’y suis vraiment remise et de façon plus régulière en août 2018. »

 

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Que ressent-tu lorsque tu écris, qu’est-ce que cela t’apporte au quotidien ?

 

« C’est assez ambivalent comme sentiment. L’écriture m’apporte une sensation de contrôle et de liberté. Je me permets d’imaginer des suites à des vies. D’inventer des possibilités que la réalité écarte. Et l’écriture me permet de me débarrasser de questions dont je n’ai aucune réponse. Plutôt que de dormir avec, je les note sur papier blanc pour mieux respirer. »

 

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As-tu, hormis l’écriture, d’autres hobbies ?

 

« L’autre hobby est lié à l’écriture. C’est la lecture. Elle me permet de mieux appréhender le monde, d’améliorer mon vocabulaire et découvrir d’autres univers. »

 

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Si tu ne devais garder qu’un seul et unique livre pour le reste de tes jours, lequel choisirais-tu ?

 

« La perle de John Steinbeck. Ce livre me fend le cœur. Un pécheur qui trouve une perle tente d’échapper à sa condition de laissé-pour-compte en voulant la vendre au meilleur prix. Synonyme pour lui d’un nouveau départ pour sa petite famille. C’est le début d’un descente aux enfers où il ne fait pas bon être né du mauvais côté de la barrière.

Ce roman court est un gifle qui questionne sur la cruauté de la nature humaine, la fatalité et le désir d’émancipation. Mais comme le dit si bien l’auteur : on ne bouleverse pas impunément l’ordre des choses. Quel est le prix du salut ? Si toutefois on en a un ! »

 

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Admettons un petit instant que je possède une baguette magique, au travers de quel personnage de livres t’imaginerais-tu le mieux ?

 

« J’aimerais bien me réincarner en Ifeoma. La tante dans l’hibiscus pourpre de Chimamanda Ngozi Adichie, une auteure nigériane. Elle aborde dans ce livre la violence conjugale, le fanatisme religieux et la corruption ordinaire au Nigéria.

Un père de famille violent avec son épouse l’est tout autant envers ses deux enfants. Ils trouveront du réconfort chez la sœur de celui-ci, Ifeoma.

Ce que j’apprécie dans ce personnage c’est le fait qu’elle désavoue clairement son frère aîné dans tous ses excès. Elle refuse ce suivisme dans une société où le patriarcat, incarné ici par son frère est intouchable. Elle ira jusqu’à que le défier. Devenant ainsi un repère essentiel dans le processus d’émancipation de sa nièce et de son neveu. »

Questions

Des

Comment t’es venue l’idée de ce récit ?

 

« Deux choses. D'abord sur la base d'un article de presse qui relatait un conflit familial autour d'une crémation. Une veuve souhaitait "incinérer" le corps de son défunt époux alors que la mère s'y opposait pour des raisons religieuses.  L'affaire a fini devant les tribunaux.  Cette histoire faisait écho à un questionnement : Comment s'affirmer face aux usages familiaux et communautaires ? J'ai souvent entendu des hommes qui avaient maille à partir avec ce que leur entourage attendait d'eux. Au détriment de leurs propres projets. J'ai fait la jonction entre les deux : L'histoire d'un homme qui à travers un décès en profite pour s'éloigner d'un rôle qui lui était destiné.

 

Pour le titre, je dois vous faire une confidence. Au départ c'était "Kisskoo". Puis j'ai estimé qu'il n'était pas assez accrocheur. Alors j'ai opté pour un titre qui résonnerait comme une énigme. Une phrase qui interpellerait les lecteurs. »

 

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Comment s’est déroulée l’écriture de ton écrit ?

 

« Il s'est déroulé en plusieurs temps. D'abord dans ma tête. Aussi surréaliste que cela puisse paraître. J'ai longtemps "cogité" C'est fréquent d'entendre les femmes évoquer la pression familiale qui les empêche de s'émanciper. Pas souvent les hommes. Concernant l'écriture, le déclic est venu de "Tropique de la violence" de Nathacha Appanah. Sa manière de séquencer son récit m'a donné des pistes pour me lancer. J'ai commencé durant l'été 2018. Avec un rythme de vingt heures hebdomadaires. Le premier jet a été rédigé à la main au bout de six semaines. Et enfin les séances de réécriture. Cette partie a été la plus complexe et la plus longue. Des mois à revoir la syntaxe, la concordance des temps et à trouver le vocabulaire adéquat. Je crois avoir passer au minimum six fois plus de temps (en gardant le même rythme de travail) que lors de la rédaction du premier jet. »

 

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As-tu écrit d’autres récits auparavant ?

 

« Il s'agit de mon deuxième ouvrage. Mon premier texte est un témoignage de neuf mille mots. Il relate mon expérience professionnelle comme Accompagnante d'élèves en situation de handicap (ex. AVS). Le titre, "Profession AVS-AESH"  est toujours disponible sur toutes les plateformes.

 

Ce travail a été salutaire. D'abord j'avais besoin de faire un bilan de mon parcours professionnel au sein de l'éducation nationale. Puis c'était un exercice de style intéressant qui a été utile pour la suite. Celui de bien construire la chute de chaque propos. Et enfin c'était l'occasion de faire mon entrée dans le monde de l'autoédition. J'ai pu éviter certaines erreurs pour la publication de ce roman. »

 

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Dans ton récit, les sujets principaux sont entre autre la famille, l’émancipation, les valeurs. Pourquoi ce choix ?

 

« La famille est perçue comme une valeur. Avec ses codes hérités d'un passé et de la communauté dans laquelle elle se greffe. Mais si celle-ci peut être structurante dans la construction d'une identité, elle peut aussi être déstabilisante. Voire paralysante. Alors j'ai imaginé une histoire où la famille, dans sa volonté de perpétuer ses valeurs génère une forme de soumission. »

 

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On retrouve aussi le sujet d’enfants en situation de handicap. Peux-tu nous en parler un petit peu étant donné que toi-même tu exerces le métier d’AESH (Accompagnante d’élèves en situation de handicap) ?

 

« Je croise des enfants porteurs de handicap. Mais il y a aussi ce qui ne se voit pas et qui empêche de trouver sa place. J'ai tenu à en parler sans être didactique.  Aussi j'ai souhaité créer un personnage qui confronte cette intégration délicate. En ce sens le petit Ousmane est comme un miroir pour son père qui le prépare au quotidien. Comme je suis moi-même amenée à faciliter la relation entre les élèves que je soutiens et les personnes qu'ils côtoient sur leur lieu d'apprentissage. »

 

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Peux-tu nous parler un petit peu d’Ousmane ?

 

« Ousmane est l'objet de toutes les attentions de son père. Il lui donne de la force malgré sa situation. Ce garçon fait de lui le père qu'il aurait aimé que le sien fût. Il est trop jeune pour comprendre les enjeux familiaux mais il marque déjà sa proximité avec son père. Il a même des passions. Ce qui est encourageant vu son état. »

 

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Peux-tu maintenant nous parler de son père, Rachid Nama ?

 

« Rachid Nama est un homme blessé.  Il a du se construire sans bagage affectif, tel qu'il le conçoit. Le peu d'empathie de son père à des moments clés de sa vie (y compris celle de son jeune frère). C'est dans les études et dans sa propre famille qu'il s'est trouvé. D'abord revanchard, il devient compréhensif au fil du récit sans pour autant se renier. Son grand mérite est de ne pas reproduire le même schéma paternel envers son fils. »

 

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Dans ton écrit, t’inspires-tu de la vie qui t’entoure ?

 

« Je m'inspire de mon vécu mais sur des points de détails. Histoire de rendre le récit le plus réaliste possible. Dans Cette dernière volonté qu'il ne respectera pas, les personnages sont un subtil dosage de gens que j'ai connues, vues au cinéma ou lues dans des livres. Le tout saupoudré d'un imaginaire pour mieux coller à l'histoire. C'est le même procédé pour les lieux et les décors du Bwana. »

 

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Tes personnages vivent dans un pays fictif, le Bwana. Peux-tu nous parler de ce choix ?

 

« Oui. Les lieux fictifs ont été compliqués à trouver simplement parce qu'il fallait que je vérifie qu'ils n'étaient pas déjà pris. Par un pays (même fictif), une société ou une personne. Le problème est qu'au départ je voulais créer un anagramme avec le pays (en dehors de la France) que je connaissais le mieux. C'était sur le continent africain. Mais quoique j'écrive c'était déjà pris. Alors je me suis rabattue sur le Bwana qui signifie colon en swahili. En référence à l'histoire politique du pays inspirant.

En revanche pour les questions liées au rituel funéraire, le travail le plus complexe était de le rendre à la fois crédible et compréhensible.  J'ai des bases académiques sur ces questions. Mais comme toujours on marche sur des œufs quand on touche aux caractéristiques d'une communauté (involontairement ou pas).  Par conséquent, le canal fictionnel se prêtait mieux  à cette approche périphérique des faits. Enfin, les mots en Bwanat sont un mixte de langues locales que je maîtrise un peu. »

 

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Tu as édité ton récit en autoédition, peux-tu nous parler de ce choix et du déroulement ?

 

« Plutôt que d'attendre les bras croisés une hypothétique réponse des ME, j'ai décidé de l’auto-éditer pour avoir des retours de lecteurs et de critiques. C'est la meilleure façon de m'améliorer. J'ai d'autres projets de publications. »

 

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Qu’as-tu ressentis lorsque tu as achevé ton récit, ainsi que lors de son édition ?

 

« Soulagée. J'ai mis beaucoup de moi-même dans cet ouvrage. J'ai fait appel à des souvenirs personnels. La réécriture n'était pas des plus agréables car le français n'est pas ma langue maternelle. Même si je suis native d'un pays francophone. Certaines figures de style et tournures grammaticales ne me sont pas familières; (ex : des temps qui n'existent pas dans ma langue natale !) Mais j'apprends, je lis et je me perfectionne. »

 

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J’ai pu voir que tu appréciais les citations. Pourrais-tu nous en citer une que tu apprécies tout particulièrement, qui te tient à cœur ?

 

« Une de mes préférées : 

Qui sait ? Comme la vie est singulière, changeante !

Comme il faut peu de choses pour vous perdre ou vous sauver !

 

Maupassant, La parure »

 

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Aurons-nous un jour l’occasion de découvrir ta plume sous un autre genre ?

 

« Au genre fantastique peut-être car j'aime beaucoup les contes et les fables. j'essayerai à travers des récits courts cette fois. »

 

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As-tu d’autres projets d’écriture en ce moment ?

 

« Je prépare un recueil de nouvelles et de contes. Si tout va bien il paraitra cet automne. »

 

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Peux-tu nous parler un petit peu plus de ce recueil ?

 

« C'est avant tout un challenge. Un exercice de style où je m'aventure vers des domaines comme le fantastique et la réflexion philosophique, entre autres.  J'aimerais savoir si ces récits au format court peuvent convaincre, émouvoir et alerter.

 

Les thèmes abordés (exclusion, différence, environnement, émancipation) sont ceux qui me touchent au quotidien. Soit par du vécu personnel ou professionnel soit par les médias.

 

Le choix se fait en fonction de mon degré d'inspiration et de la matière dont je dispose. Le premier jet n'est donc pas problématique. Reste à rendre l’ensemble lisible et cohérent. Je suis dans cette phase.

 

Voilà ce que je peux en dire à ce stade. »

Conseils

Des

Quels conseils donnerais-tu à un auteur, qu’importe le genre d’écriture ?

« Je suis novice donc pas assez expérimentée pour donner des conseils d'écriture. Cela dit j'ai mes astuces. Je dois pouvoir visualiser ce que j'écris. Autre chose, je ne me force pas à rédiger quand je n'ai pas le style adéquat (même si le sujet m'intéresse). »

 

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Lorsque tu lis un récit, qu’est-ce qui est rédhibitoire pour toi ?

 

« Les descriptions qui s'éternisent. A mon sens, le décor doit servir l'histoire. Je décroche vite quand celui-ci s'apparente à un exercice de style. »

 

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As-tu une anecdote d’écriture à partager avec nous ?

 

« J'écris d'abord à la main. Mes cahiers sont illisibles à cause des ratures. Il m'est arrivé de me tromper dans l'ordre du récit. Depuis j'ai cette manie de dater les périodes d'écriture. »

 

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As-tu quelques conseils à nous partager concernant l’autoédition ?

 

« Bien choisir sa plateforme de publication en fonction de ses besoins et de ses ressources. Promouvoir une œuvre quand on n’a pas de lecteurs est prenant. Autant, si ce n'est plus que la rédaction de l'ouvrage en tant que tel. Alors deux mots : patience et persévérance. »

Dernier mot

Un

« Chers lecteurs

A travers mes écrits, j'espère vous amener ailleurs. Vers du sérieux ou du léger; du merveilleux ou du contemporain. Je souhaite humblement marquer votre imaginaire pour quelques secondes. Grand merci pour votre intérêt. »

Plume

L'avis de

Ce récit fut une étonnante et belle découverte. Tu nous emportes dans cette histoire emplie de réalisme, dans cette famille avec cet homme, Rachid, dont la vie prend un sacré tournant. Il s’agit ici d’étudier de réelles problématiques de vie, d’un décès et d’un héritable qui n’est pas rose, avec des décisions difficiles qu’il lui faudra prendre. Le côté psychologique de ce récit m’a beaucoup intéressé, à savoir, comprendre les choix et réactions de chacun. On découvre le personnage principal qui endosse plusieurs rôles. On le voit comme homme, père, mais aussi fils au sein d’une famille qui attend des choses de sa part. On le suit pendant quelques jours, cinq pour être précise, où nous accompagnons ton personnage. Ce que j’ai beaucoup appréciée aussi, c’est ton écriture. J’aime ta façon de nous raconter les choses, j’aime tes descriptions de chaque scène et le tout est réellement fluide, ce qui donne une lecture très agréable.

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LEXIE TIBO

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