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Histoires

Des

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Éclats de Silicium

Recueil de Nouvelles   ❘  Autoédition  ❘  Science-Fiction    Technothriller    Cyberpunk   ❘   Disponible sur Amazon

« Le fil conducteur qui lie ces 7 histoires est le thème des technologies de l'information. Qu'il s'agisse d'anticipation à plus ou moins courte échéance, ou de récits plus ancrés dans une réalité technologique contemporaine. Certaines nouvelles tournent autour de la sécurité informatique, de la surveillance de masse via les objets connectés, avec un passage par un mélange de fantastique lovecraftien et de high-tech très actuel, avant de finir sur un récit bien plus hard SF qui tend plus du côté de l'intelligence artificielle.

 

Ce sont des sujets que j'aime voir abordés en fiction, ne serait-ce que pour les possibilités narratives qu'ils offrent, sans même considérer la question d'un message spécifique (bien qu'il y en ait toujours plus ou moins en fond), alors j'ai beaucoup travaillé sur ces thématiques au cours des dernières années, ces textes font partie de cette période de mon écriture très orientée technothriller ! »

Auteur

Un

Avant toute chose, pourrais-tu te présenter un petit peu à nous ?

 

« J'ai 27 ans, et j'écris à plein temps depuis environ trois ans, après une tentative infructueuse d'un Master 2 en Sciences de l'information et de la communication, cursus qui a été l'occasion pour moi de découvrir certains des thèmes qui sont devenus récurrents dans mes histoires de fiction. Mon mémoire de Master 1 portait sur la collecte des données personnelles en ligne, à la fois pour des intérêts économiques (publicité ciblée...) et gouvernementaux (surveillance de masse...), en prenant Google comme cas qui cristallisait ces deux axes. J'ai continué de creuser ces thèmes par la suite, par curiosité personnelle, autour de la surveillance, de capacités intrusives du web, des données personnelles, de la sécurité informatique. Et ce sont ces sujets que l'on retrouve dans mon recueil Éclats de silicium, et bon nombre de mes nouvelles écrites ces trois dernières années !

 

Je précise toutefois que je ne suis pas professionnel de l'informatique, et je n'ai même que très peu de réelles connaissances techniques. J'écoute énormément de conférences, je lis des articles et des livres de spécialistes, chercheurs ou journalistes (Mikkö Hyppönen, Kashmir Hill, Bruce Schneier, Troy Hunt, pour n'en citer que quelques-uns...), mais je n'ai jamais fait de programmation, par exemple.

Toutefois, le thriller technologique n'est pas mon seul focus en écriture. J'aime aussi énormément le fantastique, par exemple. Je suis fan de Lovecraft depuis longtemps, et son influence se sent aussi sur pas mal de mes textes...

 

Et depuis peu je m'essaye aussi à la fantasy, dans ses nuances "dark" (l'une de mes nouvelles est parue l’anthologie NOIR, chez Noir d'Absinthe, en juin 2020) »

 

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Peux-tu nous parler de tes différentes passions ?

 

« Je m'intéresse énormément à tout ce qui gravite autour de l'usage de l'informatique, et des enjeux sur le plan des données personnelles, de la sécurité, de la surveillance... Mais aussi plus généralement à la sociologie du web, et aux actualités technologiques en général. Comme dit dans la question précédente, ce sont des thèmes récurrents dans mon écriture de fiction !

 

J'aime aussi beaucoup les légendes et le folklore, qu'il soit médiéval par exemple, ou antique, ou même actuel et "urbain" avec le phénomène des creepypasta par exemple. L'un de mes univers fictionnels préférés est un jeu vidéo, The Secret World (maintenant Secret World Legends), qui mélange énormément à la fois le thème high-tech dont je parlais plus haut, mais aussi le surnaturel et le fantastique.

 

En parlant de jeu vidéo, c'est un de mes hobbies principaux à côté de l'écriture et de la lecture, depuis tout petit les univers virtuels ont énormément fait part de mon imaginaire, et il n'y a aucun doute que les atmosphères développées dans certains jeux m'aident énormément pour écrire !

 

En dehors de ça, j'ai tendance à être très... volatil, en termes d'intérêts, et je suis curieux d'énormément de choses, ça ne m'a pas facilité la tâche pour passer à du format roman, car c'est tout un travail de fond d'arriver à rester centré sur le sujet que je traite sur du long terme... Mais en contrepartie ça me donne aussi l'occasion de trouver des influences un peu partout... Par exemple, je m'intéresse beaucoup à la géopolitique autour du terrorisme/contreterrorisme, mais je n'ai jamais écrit directement sur le sujet. Je pense que ça finira par atterrir un peu plus au premier plan dans une histoire future, on verra bien... »

 

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Quand est-ce que l’écriture est entrée dans ta vie pour la première fois ?

 

« J'ai écrit mes premières nouvelles quand j'avais 15 ans, après que mon père m'ait fait découvrir l’œuvre de H.P. Lovecraft. J'ai vraiment été conquis par son univers, c'est le moins qu'on puisse dire, et ça m'a donné le déclic de vouloir "faire pareil"... Et effectivement, mes premiers textes achevés sont des "lovecraftiana" très approximatives, du pastiche assez mal fichu, mais bon, qui a eu le mérite de me lancer sur l'écriture !

 

J'avais déjà écrit quelques petites ébauches d'histoires auparavant, mais seulement des bribes qui n'allaient de nulle part vers nulle part.

 

Par la suite, j'ai continué de façon assez irrégulière, autour de mes 19-20 ans j'ai tenté de participer au Prix du Jeune Écrivain, avec l'une de mes nouvelles lovecraftiennes, puis avec deux textes plus ou moins réalistes/thriller.

 

Mais c'est à partir de 2014 que je suis vraiment revenu plus régulièrement sur l'écriture, avec la rédaction de mon premier (et pour le moment unique) roman achevé, un thriller SF qui part un peu dans tous les sens et se trouve bien à sa place au fond d'un tiroir...

 

Et enfin, en 2016, après mon passage en Sciences de l'information et de la communication, j'ai commencé à travailler à plein temps sur des nouvelles pour des appels à textes. C'est ce qui m'a donné l'occasion de mes premières publications (j'en ai une dizaine à présent), dans des revues et des anthologies. »

 

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Si une terrible malédiction s’abattait sur notre Terre et que tu ne pouvais conserver qu’un seul et unique livre, lequel choisirais-tu ?

 

« Ah-làlà, ce choix cornélien...

S'il ne fallait vraiment en choisir qu'un, alors je dirais Code source de William Gibson. Même si j'ai toujours autant de mal à me décider quand on me pose la question "quel est ton roman préféré" y compris en restreignant à un seul auteur, je pense qu'il s'agit bien là d'un de mes, si ce n'est, mon favori.

 

L'onirisme et la sorte de déconnexion étrange qui sont caractéristiques du triptyque contemporain de Gibson, qui passent par une certaine déconstruction des situations de dialogues et des personnages constamment déphasés (car fatigués, sous médicaments, ou simplement coupés de leurs références et plongés dans un contexte totalement déroutant pour eux), y atteint sa quintessence selon moi. De même qu'une sorte de "réenchantement technologique" du monde réel, dans lequel Gibson instille avec un dosage très subtil des éléments d'anticipation qui, à moins d'étudier le sujet de près pour vérifier, peuvent sembler parfaitement crédibles dans leur époque.

 

C'est ce que j'aime particulièrement chez cet auteur, et particulièrement dans les romans de sa période littérature blanche. »

 

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Si tu ne devais choisir qu’un seul personnage fictif pour te représenter, lequel choisirais-tu ?

 

« Je vais opter pour l'un des trois personnages principaux de Code source de Gibson : Hollis Henry.

C'est une ancienne musicienne rock, arrivée dans une trentaine avancée voire début quarantaine (son âge n'est pas clairement donné) qui tente de se reconvertir dans le journalisme pigiste quand le groupe se sépare et qu'elle se retrouve à devoir retrouver quoi faire de sa vie.

 

Elle a tendance à être un peu perdue entre son passé et les perspectives d'un avenir flou. C'est l'un de ces personnages gibsoniens qui se sent déphasé et relativement déconnecté d'un cours d'existence considéré plus "normal", mais pas du tout de façon élitiste, plutôt par défaut en fait.

Et je dois dire que je sens une empathie particulière avec cette trajectoire d'errance après plusieurs années à se consacrer à une activité artistique/créative, errance qui est entièrement "mentale", et pas particulièrement causée par des problèmes matériels concrets ou quoi que ce soit (à part l'impératif de retrouver un boulot).

 

Je suis moi-même dans une totale incertitude quant à ce que je vais faire à côté, ou après l'écriture si jamais je devais la faire passer au second plan, alors le flottement un peu morose de ce personnage me parle beaucoup... »

Questions

Des

Auparavant, tu as partagé certaines de tes nouvelles en les publiant dans des revues et des anthologies. Comment t’est venue par la suite l’idée d’écrire un recueil ?

 

« Effectivement, le format nouvelle (ou novella occasionnellement) est resté pendant des années ma prédilection ! À la fois par choix, et par confort... En m'étant installé dans des habitudes liées à ce type de longueur, j'ai trouvé une routine, qui m'allait bien puisque j'ai dû écrire une trentaine de textes en tout je pense, depuis 2017, mais qui finit par me lasser un peu, alors j'essaye de travailler le format roman à présent, même si je continue d'écrire quelques nouvelles ponctuellement.

 

Pour mon recueil, Éclats de silicium, l'idée est venue quand je me suis aperçu qu'une grande partie de mes nouvelles récentes gravitaient autour d'un même ensemble thématique : l'anticipation et l'actualité informatiques, le hacking, la surveillance de masse, et plus globalement les technologies de l'information... C'est donc après coup que j'ai souhaité les rassembler, au départ dans un recueil beaucoup plus long que celui que je propose sur Amazon actuellement (selon les versions, il contenait autour d'une quinzaine de nouvelles). J'ai soumis cette version plus longue à des maisons d'édition, mais le marché des nouvelles est vraiment mort en France, et très peu de ME peuvent prendre le risque d'investir sur un livre invendable. C'est ce qui m'a poussé vers l'autoédition : étant donné qu'il n'y a pas de frais élevés de mon côté, même si je n'en vends pas beaucoup ce n'est pas grave, et ça me permet de partager ces textes.

 

Éclats de silicium ne compte que sept nouvelles, environ la moitié du nombre que je prévoyais au départ. J'ai opté pour ce format court afin d'éviter un coût d'impression plus élevé qui m'obligerait à monter le prix de vente.

 

J'envisage de sélectionner d'autres textes parmi ceux qui figuraient dans la "version longue" pour proposer un deuxième petit recueil comme celui-ci. On verra, peut-être à la rentrée... »

 

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« Éclats de silicium », le titre de ton recueil, est plutôt original et mystérieux. Peux-tu nous parler de la création de celui-ci ?

 

« Comme souvent pour moi, me décider pour un titre fut un processus long et très fastidieux, hahaha...! Même simplement pour mes nouvelles, j'ai toujours énormément de mal, et quand il s'agit d'un texte pour un AT, je procrastine jusqu'au dernier moment... C'est mal, je sais.

 

Pour Éclats de silicium, je n'ai pas coupé à cette règle de l'hésitation interminable. La version longue du recueil s'appelait "Biographènes", pour former un mot-valise entre "biographies" et le "graphène", matériau essentiel en électronique. Car je voyais dans ces récits de multiples vies qui avaient pour point commun l'informatique, et donc en quelque sorte, de s'inscrire sur des composants faits (entre autres) de graphène...

 

C'est un peu la même logique qu'on retrouve avec Éclats de silicium. Les "vies" sont devenues des "éclats", comme des fragments de mondes et d'existences dont on entrevoit quelques instants par le biais de ces nouvelles. Et qui seraient rassemblées cette fois autour du silicium, le semi-conducteur emblématique de l'IT...

 

On peut aussi y voir les éclats au sens "reflets", l'éclat de la lumière sur un métal. Et le pluriel pourrait signifier les différentes tonalités que prennent ces textes, entre l'anticipation cyberpunk, le fantastique high-tech, le technothriller... »

 

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Au cœur de ce recueil, on retrouve l’univers de la technologie, de la science. Peux-tu nous en parler un petit peu ?

 

« Effectivement, ces dernières années, les thèmes "high-tech" ont été au cœur de mon écriture. Même si je suis un geek amateur d'informatique de longue date, c'est depuis mon Master 1 en Sciences de l'information et de la communication que j'ai commencé à m'intéresser particulièrement aux thématiques du hacking, de la sécurité, de la surveillance de masse...

 

J'ai fait mon mémoire de Master 1 sur le thème de la collecte des données personnelles en ligne, en prenant Google comme cas qui cristallisait les questions autour de l'exploitation commerciale des données aussi bien que de la collecte étatique à des fins de surveillance. Ce sujet m'a donné l'occasion d'étudier les révélations d'Edward Snowden sur l'interception des flux de données mondiaux par le renseignement américain, et de découvrir le big data, le marketing ciblé... autant de thèmes qui me fascinent aussi bien qu'ils m'inquiètent, et que j'aime traiter en fiction.

 

Depuis, je continue de lire des articles, d'écouter des conférences, des reportages... L'actualité informatique me passionne, toujours avec cette ambiguïté entre fascination et une certaine angoisse (voire de la consternation dans certains cas). Même si je ne suis absolument pas réfractaire aux technologies, au contraire même (je me revendique ouvertement transhumaniste et suis adhérent de l'AFT Technoprog), il y a quelque chose d'un peu... lovecraftien, au sens du vertige cosmique, dans ces flux de données si colossaux qu'ils en sont difficiles à concevoir, imaginer. Cette omniprésence d'une mémoire collective en ligne... Je suis fan de Lovecraft depuis l'adolescence, c'est son œuvre qui m'a motivé à écrire, et je pense que ce sentiment de l’individu se retrouvant minuscule face à l'ampleur de sa trace digitale doit expliquer au moins partiellement la récurrence de ces thèmes dans mes textes.

 

D'après certains retours que j'ai eus sur mon recueil, cette sorte de "présence" technologique pourrait bien transparaître entre les 7 nouvelles, en toile de fond...

Ce n'était pas spécifiquement ce que j'avais en tête pour rassembler ces textes, mais rétrospectivement, je pense que c'est probablement bien l'une des atmosphères qui constituent un environnement plus ou moins présent dans ce que j'écris en SF. »

 

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Peux-tu nous parler un petit peu de tes séances d’écriture ?

 

« Je travaille tous les jours sur l'écriture, pendant au moins 4h à 6h (uniquement pour l'écriture, relecture, correction, je ne compte pas dans ce temps le partage RS, publicité, communication, administratif...), en prenant le week-end un peu plus tranquille selon les périodes, je peux parfois rester le samedi et le dimanche sans écrire, mais en ce moment comme je suis lancé sur mon roman, j'essaye de m'y tenir au moins quelques heures en week-end également.

 

Le lieu est généralement toujours le même : mon bureau, devant mon PC. J'aime bien travailler à l'extérieur, en médiathèque par exemple, avant le confinement j'y allais généralement une fois par semaine. Mais depuis le confinement lié au COVID, je n'ai pas repris.

 

Comme rituel d'écriture, déjà, important : fermer les réseaux sociaux, et me mettre en hors-ligne sur Discord... Je ne me déconnecte pas carrément, car j'ai toutes mes notes sur un serveur, c'est juste pour ne pas être tenté de partir dans des conversations à droite à gauche...!

 

J'ai très souvent un bon mug de thé à portée de main, ou du déca (j'adore le café, très fort en plus, mais ça me rend trop nerveux, je ne peux plus en boire...), et j'écris presque toujours en musique. Généralement si j'ai trouvé LE morceau qui correspond à l'atmosphère du passage sur lequel je travaille, il passera en boucle pendant toute la session de rédaction ! Ça m'arrive aussi d'écouter des sons atmosphériques, par exemple, bruit d'orage, de pluie, de tempête, bruit de fond d'une grande ville... Tout dépend de ce qui correspond le mieux à ce que j'écris à ce moment-là.

 

En fin de séance, je fais systématiquement une sauvegarde du document sur une clé USB à côté, en attendant de le copier dans ma triple archive miroir (que je mets à jour une fois par semaine en moyenne). Histoire d'avoir toujours au moins 2 copies. Je suis un petit peu parano avec ça ! »

 

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Si je te demandais de résumer ton recueil en trois mots, quels seraient-ils et pourquoi ces choix ?

 

« Ah là là, pas évident, haha...!

Je dirais individu, machine et futur.

 

J'ai choisi "individu" pour "individu-machine" plutôt que "humain", car même si techniquement, tous les textes de ce recueil traitent d'une façon ou l'autre d'un rapport humain-machine, je n'aborde pas des questions de type "nature humaine", chercher à définir ce qui ferait l'humanité et ce qui marquerait la différence avec la machine... Et ce pour deux raisons : c'est un abord déjà très présent dans la SF en général, et je ne voyais pas ce que je pourrais ajouter. Et en outre, étant partisan transhumaniste, je ne crois pas particulièrement à une altération de ce qui ferait "l'essence humaine" par notre rapprochement de la technologie et de la machine. La plupart des fictions qui traitent du sujet le font avec un angle négatif, comme si l'humanité perdrait quelque chose ou se corromprait au contact des technologies, en particulier si elles s'hybrident avec le corps. Ce n'est pas du tout la position que j'aurais.

Une autre raison de ce choix, "individu" plutôt que "humain" au sens large, est que l'une des constantes de mes récits serait d'explorer une échelle assez réduite, justement celle d'un individu ou d'un petit groupe, à la rigueur, d'une équipe, d'une entreprise, plus que de chercher à généraliser le récit à tout un pays, voire au monde entier (même si j'évoque une "épidémie" d'infection malware, je ne vais pas creuser l'impact mondial plus que ça). Ce qui m'intéresse, c'est donc de suivre ces quelques personnes/personnages dans LEUR rapport aux technologies que je présente. Sans chercher à en faire une généralité du monde où l'histoire se déroule (qu'il soit proche du nôtre, ou non).

 

Enfin, "futur", car tous ces textes se déroulent dans un avenir plus ou moins proche, parfois à très court terme comme "De la voix du vide" (qui pourrait même probablement être situé de nos jours, vu qu'il s'agit pour le coup davantage d'un texte fantastique) ou "Là, on va passer à une tout autre échelle", d'autres bien plus lointains comme "Les systèmes tourneront pour vous, et nous serons votre mémoire".

Mais c'est bien l'un des points communs de ces nouvelles, l'anticipation, qui est à la fois un jeu d'imagination basé sur des perspectives technologiques, mais aussi, comme en parlait William Gibson dans une conférence, un moyen de représenter le présent et des thématiques bien actuelles (sécurité des objets connectés, surveillance de masse, pouvoir des GAFAM, vulnérabilité de systèmes parfois très sensibles, disproportion des mesures juridiques à l'américaine face aux attaques informatiques...). »

 

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« Éclats de silicium » est disponible depuis Novembre 2019 et tu l’as dit, les recueils de nouvelles ont malheureusement plus de mal à trouver des lecteurs que les romans. Pour autant, es-tu satisfait des retours que tu as d’ores et déjà eus ?

 

« En toute franchise : totalement satisfait ! Je partais, comme tu dis, avec l'idée que les recueils et même les nouvelles en général, n'étaient vraiment pas très appréciées par le public français. Bon, il faut le dire : les ventes confirment bien que c'est un marché de niche, par rapport à ce que j'entends de la part d'auteurs/autrices de romans autoédités. Mais du point de vue des commentaires et des retours directs, je reçois d'excellentes critiques, avec notamment la nouvelle sur laquelle je base mon roman en cours de rédaction, "Là, on va passer à une tout autre échelle", qui semble faire une quasi-unanimité en termes d'appréciations ! J'ai aussi bien entendu reçu des retours plus mitigés, c'est normal, mais les points de critique n'étaient jamais décourageants, c'était une question de thématiques abordées, d'angles d'approche, de goût personnel, ce qui se comprend tout à fait.

 

Donc globalement, très heureux de ces retours, qui m'encouragent vraiment à persévérer dans l'écriture, et m'ont donné envie d'essayer de développer au format long l'une des histoires... ! »

 

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L’une des nouvelles de ton recueil est à la base du roman sur lequel tu travailles en ce moment. Est-ce que c’était prémédité ou l’idée de ce roman est-elle apparue plus tard ?

 

« Non, aucune préméditation pour le coup !

 

Pour la petite histoire de cette nouvelle, c'est un texte que j'avais commencé en 2018, sur une lubie de présenter un personnage de hacker black hat (criminel, donc) qui reste tout de même autant que possible pas trop antipathique, et qui se retrouve emportée par un flot d'événements surréalistes... Avant le choix du titre final ("Là, on va passer à une tout autre échelle"), le "titre provisoire", car je suis toujours très long à me décider pour le titre final, c'était "Quiproquo"... ça donne bien le ton de ce texte, je pense ahah !

 

Et donc pour finir sur la dernière partie de ta question, la présence de cette nouvelle n'a pas été pensée pour teaser le roman, mais... une fois que le roman sera achevé et publié, ma foi, elle pourra sans doute jouer ce rôle dans une certaine mesure ! »

 

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Pourrais-tu nous parler un petit peu de ce roman, de son écriture ?

 

« Quand j'écris ces lignes, j'en suis à environ 50 000 mots, sur la fin de l’acte 2, donc on va dire un peu plus de la moitié du livre ! J'ai commencé la rédaction début mai, donc ça avance plutôt bien, même si j'aimerais forcément aller encore plus vite haha, il faut que j'améliore mon rythme de travail. Pour ce projet, je suis guidé et même coaché par une amie auteure twittos, Mia Lacroix (hello, coach!). Elle m'a proposé de m'aider en me faisant tester une méthodologie de structure à laquelle je ne suis vraiment pas habitué, basée sur des théories de construction de scénario. D'ordinaire, pour mes nouvelles, je suis plutôt un "paysagiste" : j'imagine une trajectoire globale, une fin, et je commence à rédiger quand j'ai ces éléments en tête. Là, on travaille sur une base beaucoup plus "architecte", avec un plan défini en actes, pivots, une logique d'arc de personnage... C'est une façon de travailler que je n'aurais pas eu l'idée (et que je n'aurais pas été capable) de tester seul, par moi-même, mais on dirait que ce chamboulement de mes habitudes fonctionne bien, car depuis 2014 (avec un premier et unique roman rédigé, qui est bien à sa place au fond d'un tiroir...) je n'arrivais plus à travailler de format plus long que la novella.

 

Ce roman est un thriller technologique, à l'instar de la nouvelle sur laquelle il se base, avec un entrelacs de thème d'espionnage, cybercrime, profilage et marketing ciblé...

 

Pour une date de sortie, c'est encore très vague... J'espère terminer la rédaction dans l'été, ensuite il me faudra le remanier, corriger, etc... Donc peut-être en fin d'année 2020 ? J'aimerais bien en tout cas haha ! Mais il faut prendre le temps, alors je ne cherche pas à mettre de deadline ni rien. On verra bien ! »

 

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Sur Twitter, tu es connu de la communauté littéraire pour un concept très intéressant, celui des micro-nouvelles. Peux-tu nous en parler un petit peu ?

 

« C'est un petit jeu d'écriture qui consiste à écrire un texte très court, en un ou plusieurs tweets, qu'il s'agisse d'un passage, d'une scène, d'un dialogue, d'un poème... en se basant sur l'inspiration d'une image que je poste quotidiennement, à 18h. L'idée est à la fois de travailler un format très réduit, qui a ses propres limites et difficultés, et de travailler l'imagination en essayant de trouver du matériau d'écriture dans une image qui peut plus ou moins nous parler spontanément, plus ou moins abstraite ou figurative, avec un sujet humain présent, ou non...

Le concept est né en mai 2019 d'une discussion avec une amie twittos de longue date, Léa Reseda (Agent L. !) : nous étions en admiration devant les images partagées par le bot Twitter Archillect, qui sélectionne des photos et illustrations d'art parmi des flux tumblr et autres, et on se disait qu'elles étaient souvent super inspirantes... Et que ça pourrait être intéressant d'essayer d'écrire sur leur inspiration. Dans la foulée, j'ai retweeté une première image du bot, avec la consigne de se lancer en écriture automatique en se basant dessus. L'idée a plu à une première poignée de twittos, alors j'ai recommencé sur plusieurs autres, et au fur et à mesure, le succès a été croissant, à un point que je n'aurais jamais imaginé au départ ! Je tiens une liste des "@" des twittos qui souhaitent recevoir la notification de chaque nouvelle image publiée : il y en a 151. Bon, en vérité une bonne part des personnes inscrites sur cette liste ne participent pas forcément régulièrement, voire plus du tout, mais aiment à recevoir la notif' pour lire les contributions des autres. En moyenne, il y a entre une dizaine et une vingtaine de participations différentes sous chaque image.

 

Le jeu s'est "institutionnalisé" depuis, si j'ose dire : on fonctionne par saisons d'une trentaine d'images (ou un peu plus), avec quelques semaines de pause entre chacune... Et en mai dernier, nous avons fêté les 1 an des micronouvelles, avec un gros événement de micronouvelles "en cascade" : chacun pouvait proposer sa propre image d'inspiration, il y avait des lots proposés par des participants par tirage au sort, des variantes de règles et de jeux... Il y a eu littéralement des dizaines de textes écrits, un joli petit feu d'artifice de microfictions !

 

Pour finir, si les micronouvelles restent avant tout un jeu créatif qui, sans que j'y sois vraiment pour grand chose, mais ça m'a fait vraiment plaisir, a fédéré toute une petite communauté autour de lui, je ne cache pas qu'il y a un petit retour en termes de visibilité de mon compte Twitter. C'est une occasion de créer de l'activité et de l'interaction, qui sont des bases de la communication RS pour éviter de disparaître dans les méandres des flux de tweets effrénés. »

 

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Tu penses que cette visibilité a pu t’aider en tant qu’auteur autoédité ?

 

« Je pense que oui ! Pas en tant que "publicité" directe pour mon travail bien entendu, mais plutôt dans la démarche d'avoir une dynamique régulière de publication et d'un contenu qui intéresse/fédère les gens sur Twitter. À partir du moment où une personne s'intéresse aux micronouvelles et suit mon compte pour ça, elle peut finir par aussi vouloir découvrir ce que j'écris, que ce soit parmi les textes que je propose en accès libre en ligne, ou dans mon recueil.

De façon générale, les MN m'ont permis de rencontrer énormément de nouveaux auteurs, et ça fait un effet de chaîne, de bouche à oreille...

Donc je pense que quelques ventes de mon recueil ont probablement été aidées par les micronouvelles, effectivement ! »

 

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Au cœur de ton recueil, est-ce qu’il y a une nouvelle qui te tient tout particulièrement à cœur ?

 

« C'est vraiment difficile de faire un choix... J'ai sélectionné ces 7 textes, car je les apprécie tous, et j'en suis globalement satisfait, c'est ce qui m'a fait les choisir pour ce premier recueil (outre considérations de droits d'exclusivités pour des textes déjà publiés aussi).

Si je devais vraiment sélectionner un ou des favoris... Je dirais, dans l'ordre d'apparition dans le recueil :

• De la voix du vide

• Là, on va passer à une tout autre échelle

• Les systèmes tourneront pour vous, et nous serons votre mémoire

 

"De la voix du vide", car je l'ai écrite comme un hommage qui cherchait à "moderniser" le fantastique lovecraftien, et d'après les retours que j'ai sur ce texte... L'objectif est atteint. Comme Lovecraft est vraiment mon premier "Maître", je suis fier d'avoir réussi à capter quelque chose de l'esprit de ses textes.

 

"Là, on va passer à une tout autre échelle", car c'est probablement à l'heure actuelle la nouvelle où j'ai le plus développé le personnage principal, en m'éloignant du "personnage-caméra-témoin" lovecraftien, justement.

 

"Les systèmes tourneront pour vous, et nous serons votre mémoire", car j'ai écrit ce texte dans l'inspiration (très libre) d'un jeu vidéo que j'adore, NaissanceE. Et j'ai pris contact avec son créateur, LimasseFive, qui a été intéressé de la lire et m'a livré sur la même base, en mode inspiration libre, les concepts et ressentis que ma nouvelle avait suscité chez lui. J'ai beaucoup aimé cet échange, et il donne une signification particulière à cette nouvelle pour moi. »

 

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Disponible sur ton site Internet, on découvre un autre récit, « Signal mort ». Peux-tu nous parler un petit peu de cette histoire ?

 

« C'est un récit qui mêle fantastique et technologique, avec l'idée de creuser bien davantage la veine surnaturelle et le travail de l'atmosphère. Le concept est venu d'un mélange d'inspirations entre une mission spécifique du MMORPG Secret World Legends ("The Broadcast", qui explore les légendes urbaines autour des stations de nombres) et de l'autobiographie d'Edward Snowden, "Permanent Record" (un passage où il raconte l'expérience vertigineuse de se trouver face à des écrans qui montrent les flux de données du monde entier et peut intercepter la vie numérique de virtuellement n'importe qui...). Ces deux inspirations ont en commun de donner un ton presque cosmique, lovecraftien, troublant, à des techniques/technologies, et j'ai voulu capturer quelque chose de cette vibe avec "Signal mort".

On y suit une programmeuse qui travaille pour une entreprise (fictive) sous-traitante du renseignement américain, et se trouve affectée en poste dans un centre de données très isolé, dans le nord des États-Unis, dans un travail de nuit littéralement au milieu de nulle part. Des phénomènes étranges se manifestent au niveau des machines, des serveurs... Mais que le personnage est très déphasé par son changement de cadre, le fait de travailler de nuit, une tendance introspective, je joue sur l'ambiguïté des sensations, entre surnaturel ou perceptions altérées...

Je ne sais pas encore où ira ce texte, mais j'espère le finir petit à petit ! »

 

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Pour ce dernier, tu utilises une tout autre méthode d’écriture, peux-tu nous en parler un petit peu ?

 

« Effectivement, comme je te disais, ma méthodologie pour les nouvelles serait plutôt "paysagiste" : il me faut avoir au moins une idée de fin, et d'une trajectoire globale du récit, avant de commencer à rédiger. Ne pas savoir où je vais me stresse beaucoup trop, et je me retrouve bloqué par, paradoxalement, la trop grande liberté... Quand "tout" peut arriver, c'est trop pour moi, je ne sais plus quoi faire, hahaha !

 

Et là justement, avec "Signal mort", j'ai voulu tenter, par exercice, d'écrire totalement en "jardinier", avec seulement un personnage, un contexte et un point de départ en tête, et d'avancer comme ça en improvisant totalement chaque chapitre, l'un après l'autre, sans planifier le suivant. J'ai commencé en novembre, et je comptais essayer de poster un chapitre par semaine tout en continuant de travailler sur mes nouvelles et un projet de roman "tramé" à côté. Mais rapidement, il s'est avéré qu'écrire en improvisation me prend beaucoup trop de temps (il me fallait littéralement deux, voire trois ou quatre jours pour un chapitre de 1500-2000 mots...) et finissait par prendre le dessus sur mes autres projets. Alors j'ai renoncé à maintenir ce rythme forcé, et je l'avance maintenant seulement quand j'ai l'inspiration pour un nouveau chapitre, sans me mettre de pression particulière.

 

L'expérience est intéressante pour moi en tout cas, mais elle confirme aussi que j'ai besoin d'un minimum de structure pour avancer de façon fluide ! »

 

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En ce moment, nous savons déjà que tu travailles sur ton roman, inspiré d’une de tes nouvelles. As-tu d’autres projets en lien avec l’écriture hormis ce dernier et « Signal Mort » ?

 

« En parallèle, je continue de noter des idées pour de futurs projets de romans (j'espère pouvoir enchaîner dessus par la suite si j'arrive à maîtriser la technique du format long...). Mais ça c'est vraiment comme ça, quand une idée surgit !

 

Sinon je pense aussi préparer un nouveau recueil de nouvelles en autoédition papier avec une deuxième sélection de textes qui figuraient dans la version longue d’Éclats de Silicium. Mais il faut que j'en retravaille quelques-uns, et j'aimerais aussi quelques beta-lectures supplémentaires sur les nouvelles versions.

 

Je vais m'en occuper tranquillement à côté du roman. Les thèmes seront un peu du même esprit que dans Éclats de Silicium, et on retrouverait certaines de mes nouvelles qui ont déjà été publiées en anthologie, comme M.A.H.

 

J'aimerais aussi essayer l'écriture à 4 mains, j'avais déjà testé de petits projets il y a longtemps avec des amis, et j'ai aussi fait du roleplay sur forum. Mais construire un récit en binôme m'intéresserait beaucoup. »

 

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Que pouvons-nous te souhaiter pour la suite ?

 

« Je dirais, d'arriver à maîtriser le format roman, pour pouvoir continuer dans la foulée (et déjà terminer celui que j'ai commencé hahaha !) »

 

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Enfin, pour achever cette partie, aurais-tu une anecdote d’écriture à partager avec nous ?

 

« Une anecdote dont je n'arrive pas à définir si elle est cocasse, étrange ou vaguement inquiétante pour ma santé mentale (hahaha), m'est arrivée il y a un an ou deux. Je suis conscient que j'ai tendance à avoir des idées de projets qui peuvent revenir de façon un peu cyclique, mais là c'en est une illustration improbable : je me suis aperçu que j'avais noté pour ainsi dire la même idée à deux ou trois ans d'intervalle (je date toujours mes notes), dans le même carnet ! Mais vraiment, presque la même phrase mot pour mot... Bon, seulement "presque", mais quand même, ça m'a fait bizarre hahaha !

 

Donc voilà, c'est aussi au passage une autre de mes manies : j'ai tendance à avoir des idées un peu cycliques parfois, tant que je n'ai pas réussi à exploiter l'idée dans un texte... »

Des

Conseils

Quels conseils pourrais-tu partager avec d’autres auteurs concernant l’autoédition ?

 

« Ce qui me semble particulièrement complexe avec l'autoédition, c'est la question du statut. Je conseille de bien y réfléchir et de se renseigner avant de se lancer, surtout si l'on compte essayer d'en faire une activité importante. Selon la loi, dès le premier revenu reçu, il faut le déclarer au niveau aussi bien des impôts que pour les cotisations sociales. Si on peut supposer qu'il y a une marge de tolérance, je suis partisan de faire les choses dans les règles d'entrée, et c'est ce que j'ai essayé de faire dès que j'ai commencé à m'autoéditer.

 

Et ça a été une catastrophe : je me suis totalement trompé dans les statuts, et au final, six mois après, je suis encore en train d'essayer de réduire l'ubuesque de la situation.

 

J'avais posté un article sur mon blog qui expliquait ce qui me semblait être une démarche correcte, mais j'ai dû le supprimer, car il risquait d'induire totalement en erreur...

 

Donc en résumé... Prenez le temps de bien examiner les sites et les blogs de ceux/celles qui ont bien fait les choses, contrairement à moi : et il y en a un paquet heureusement !

Je peux mentionner le site d'Anaïs W., celui de Jupiter Phaeton ou encore l'article de ce blogueur/YouTuber, Jean-Baptiste, qui ne concerne pas l'activité d'auteur, mais précise des éléments intéressants sur l'obligation de la Déclaration Européenne de Service, notamment. »

 

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Quels sont, selon toi, les conseils principaux que tu pourrais partager avec nous concernant l’écriture d’une nouvelle ?

 

« Outre des aspects méthodologiques dont j'ai déjà parlé, avoir une idée globale de la trajectoire du récit, de la fin, etc., un de mes conseils pourrait être de s'exercer avec les appels à textes. Si vous ne connaissez pas le principe, il s'agit d'une annonce passée par une maison d'édition ou une revue afin de rassembler un certain nombre de nouvelles pour la publication d'une anthologie ou d'un numéro, souvent thématique (mais ce n'est pas toujours le cas).

 

Les sujets, s'ils sont imposés, peuvent être très variés, par exemple, ma nouvelle "M.A.H." a été rédigée pour un appel à textes des éditions Arkuiris sur le thème de la musique dans d'autres mondes, époques futures, ou connotée de fantastique, en SFFF donc. Je trouve ce travail super intéressant, car il permet de canaliser le brainstorm autour d'un axe, plutôt que d'être "dans le flou" à ne pas savoir de quoi parler dans une nouvelle, là, déjà, on sait qu'on doit chercher autour de la musique.

 

L'avantage aussi des nouvelles selon moi, c'est qu'on peut les écrire très rapidement, vu qu'il s'agit d'un texte court. Je dirais donc, ne pas hésiter à expérimenter, y compris dans des genres qui nous parlent moins spontanément, on peut vraiment se surprendre soi-même haha ! »

 

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De même, quels sont les conseils majeurs que tu pourrais partager avec nous sur la présence de la technologie dans un récit ?

 

« Mon principal conseil ne va pas être d'une grande originalité, et il s'applique à un peu n'importe quel sujet qu'on peut traiter en fiction selon moi : essayer de se documenter, au moins un minimum, pour éviter de répéter des approximations voire des clichés qui, s'ils sont utilisés au premier degré, peuvent au minimum faire sourire, au pire être carrément énervant pour les lecteurs qui s'y connaissent un minimum sur le thème.

 

Typiquement, le hacking et la sécurité, les groupes de pirates, etc, sont souvent des nids de stéréotypes en fiction, que ça soit au niveau de leur représentation, de leurs objectifs, de leurs moyens d'attaque...

 

Et ça peut être un peu lassant de retrouver encore et encore ces archétypes, comme très bien montré dans cette vidéo.

 

Il y a énormément de conférences en ligne, de podcasts, d'articles qui sont très vulgarisés et peuvent permettre de mieux cerner certains termes techniques, concepts, réalités de terrain...

Sur le site TED par exemple, de très nombreuses interventions sont sous-titrées en français. Et si vous êtes anglophones, c'est encore plus vaste.

 

Je cite très souvent en exemple Mikko Hyppönen, Chief Research Officer de l'entreprise de sécurité F-Secure, ses conférences retracent un panorama à la fois historique et actuel des menaces cyber, des différents acteurs, des perspectives... Avec beaucoup d'anecdotes et de cas concrets vus dans sa carrière, qui illustrent bien clairement les choses.

 

Mais il y en a beaucoup d'autres : Troy Hunt par exemple, sur le blog attenant au site Have I Been Pwned, publie régulièrement des articles, ou encore la journaliste Kashmir Hill qui va plutôt, elle, explorer des aspects plus "pratiques" côté utilisateur de technologies domotiques, d'applications, etc. Idem, vous pouvez trouver pas mal de choses sur la tech en général sur Wired, ou Next INpact en français.

 

En bref, voilà, se renseigner au moins un minimum pour éviter de trop mettre d'erreurs monumentales, c'est toujours bienvenu à mon avis ! En bonus, ça vous en apprendra beaucoup sur ce qui devient de plus en plus notre quotidien même en tant qu’utilisateur/utilisatrice lambda, et je pense que c'est aussi très positif. »

 

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Lorsque tu découvres une nouvelle lecture, qu’est-ce qui est rédhibitoire pour toi ?

 

« Honnêtement, c'est très rare que j'arrête une lecture. Je pense que c'est surtout, car, comme pour les films, les séries, les jeux vidéo d'ailleurs, je teste assez rarement "au hasard" sans avoir eu des échos avant, discuté avec l'auteur/autrice ou lu des commentaires, etc... Donc généralement je sais déjà à peu près dans quoi je m'embarque, ça évite les vraies grosses déceptions !

 

Sans aller jusqu'à bloquer la lecture (j'arrive à passer outre si l'histoire me plaît), ce qui peut être le plus rédhibitoire pour moi, c'est le style.

J'ai énormément de mal avec les narrations à la troisième personne où l'on sent fortement la présence d'un "narrateur-conteur". Typiquement, le narrateur qui va donner des impressions, juger les personnages... Diderot a érigé ça jusqu'au troll absolu avec son "Jacques le Fataliste", et c'est très représentatif du problème que ce type de narration me pose : ça me sort du récit, de l'immersion. Sans aller jusqu'au niveau de cet exemple, on peut trouver ça dans plein de formulations d'apparence "anodines", ne serait-ce qu'un "ce pauvre homme" pour désigner un personnage, "malheureusement" pour commenter un échec du protagoniste ou un succès de l'antagoniste... bref, tout ce qui vient indiquer la subjectivité non du personnage que l'on suit, mais du narrateur-conteur.

 

Au lieu d'avoir des images mentales comme dans une sorte de rêve, de vraiment "visualiser" ou sentir, ressentir les scènes, je vais plutôt avoir l'impression "d'écouter" l'histoire être lue par un vieux conteur barbu, pour caricaturer jusqu'au bout, hahaha. Et sans aucune hostilité contre les vieux conteurs barbus, j'ai davantage envie d'avoir en visuel mental la scène racontée...

 

J'insiste bien sur le fait que c'est parfaitement subjectif de ma part, et que je ne dénigre pas la qualité de ce genre d'écriture !

C'est juste que je n'accroche pas, spontanément, et ça va me demander un (parfois gros) effort d'arriver à suivre une histoire avec intérêt si elle est racontée comme ça. »

Dernier mot

Un

« Je vais essentiellement partir sur une salve de remerciements, haha !

Déjà, merci beaucoup à toi pour cette belle vitrine de visibilité que tu proposes aux auteurs/autrices avec ton site.

Un grand, grand, grand merci à Mia Lacroix de m'avoir redonné foi dans ma capacité à écrire un roman, et de me coacher avec autant de motivation !

Et pour finir, à tous et toutes les micronouvellistes, les copains twittos, et mes lecteurs/lectrices. Chaque nouveau retour ou commentaire est vraiment un boost pour ma motivation à continuer, merci à vous ! »

Plume

L'avis de

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Je fus agréablement surprise par ce recueil et par les nouvelles qu’il renferme. Dès les premières lignes, on entre dans une atmosphère perturbante, presque dérangeante et effrayante. L’écriture de l’auteur nous emporte dans cet éventuel futur où la technologie et l’humain se lient au cœur de récits et de thématiques différentes.

 

Personnellement, je ne suis pas une grande amatrice de la première personne ou du présent dans un récit, mais évidemment, il s’agit là d’une question de goûts. Pourtant, après quelques lignes, je me suis totalement immergé dans l’univers de l’auteur qui m’a parfois fait froid dans le dos. Les thématiques abordées dans le recueil sont diverses et à mon sens toutes très intéressantes. Au fil de notre lecture, on ressent la passion de l’auteur pour les sujets qu’il aborde, mais aussi ses nombreuses connaissances en la matière qui nous immergent complètement dans l’univers.

 

Il faut savoir aussi que vous découvrirez au cœur du recueil de l’auteur une nouvelle lui ayant inspiré son prochain roman et une chose est sûre, elle attise la curiosité et l’envie de découvrir ce futur récit ! Je pense sincèrement que ce recueil saura plaire à une grande majorité d’amateurs de SF, il saura vous surprendre, vous emporter et vous découvrirez l’auteur talentueux qui se cache derrière !

KeoT

« Éclats de Silicium »

Un grand merci à KeoT pour cette Interview. N'hésitez pas à partager vos avis avec nous dans les commentaires et à découvrir les oeuvres de KeoT !

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