ALICe reynaud

La Plume de

Histoire

Une

Coupable d'être

Autobiographie │ Bookelis   - Disponible sur Bookelis

« Mon histoire fait de mon coming-out le moteur du livre. On peut dire que toute l'histoire tourne autour de ce thème, de mon enfance garçon manqué, de la découverte de mon homosexualité très jeune, mon acceptation et les tensions auxquelles j'ai été confrontée que ce soit dans la famille, les amis, le milieu scolaire ou encore religieux. J'aborde beaucoup de thèmes dans mon histoire, y compris le départ prématuré du domicile familial. C'est ce qui me fait penser que c'est un livre pour tout public, un livre complet »

AuteurE

Une

Depuis combien d’années environ l’écriture est entrée dans ta vie ?

 

« J'écris depuis que je suis toute petite. Je me souviens que j'étais une enfant assez calme et pleine d'imagination. Étant restée fille unique durant 10 ans, je n'avais ni frère ni sœur avec qui jouer alors je devais me débrouiller seule. J'avais un cahier et j'inventais de courtes histoires. Parfois je les finissais, parfois non. Ça restait enfantin et ça restait entre moi et moi comme on dit. J'aimais écrire. J'aimais tellement écrire que j'avais même pris l'habitude de rédiger des lettres à ma maman, et ça arrivait très fréquemment que je lui écrive un mot pour lui demander quelque chose, si je pouvais aller dormir chez une copine par exemple etc. De plus, j'ai commencé à lire très jeune et cela a développé considérablement mon vocabulaire et ma maîtrise de la langue française. Ainsi au fil des années, les textes que j'écrivais étaient plus élaborés si je peux dire ça comme ça. Mais encore une fois, ils restaient pour moi. Je ne les partageais avec personne. On peut donc dire que l'écriture a toujours fait partie de ma vie en quelques sortes, mais là où je m'en suis réellement rendue compte c'est sans doute lorsque j'ai eu l'idée d'écrire mon histoire à moi. Beaucoup de choses m'ont donné envie d'écrire mon parcours et de le faire partager. C'était à la fois pour moi et pour les autres. L'écriture me permettait de me libérer de l'emprise de toutes les mauvaises émotions et les mauvais souvenirs que je retenais en moi mais je voulais avant tout aider les jeunes et les moins jeunes qui vivaient les mêmes choses que moi, voire pire. Je voulais aider les jeunes qui découvraient leur homosexualité, leur faire comprendre que ce n'est pas un choix, que l'on a rien décidé mais qu'il nous faut l'accepter pour vivre avec et s'aimer comme on est. J'ai aussi eu envie d'écrire mon histoire pour faire comprendre aux personnes qui ne sont pas directement concernées, ce qui se passe dans la tête d'un jeune qui découvre qu'il n'est pas exactement "comme les autres". »

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As-tu écris d’autres histoires avant « Coupable d’être » ?

 

« Comme je l'ai brièvement évoqué ci-dessus, j'ai toujours écris des textes et des histoires parfois achevées, parfois pas. En revanche, rien n'était autobiographique. Mon livre est la première histoire à caractère autobiographique que j'écris. Plus petite, j'inventais plutôt des histoires fantastiques comme l'existence de deux mondes parallèles tel que Narnia par exemple (ça, j'aimais beaucoup !) ou alors un personnage avec un don ou des pouvoirs particuliers, comme les Marvel. Étant particulièrement fan des sagas Pirates des caraïbes et Harry Potter, j'appréciais également inventer des histoires dans ces mêmes mondes, avec les mêmes personnages. Je reformulais et je remodelais l'histoire pour l'arranger à ma sauce, rajouter quelque chose que j'aurai aimé voir dans le film. A force d'écrire, mon écriture et mon usage des mots se sont nettement améliorés, ce qui m'a aidé en Français à l'école d'ailleurs ! »

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As-tu, hormis l’écriture, d’autres hobbies ?

 

« Hormis l'écriture, j'aime énormément la lecture. Cette activité permet de s'isoler le temps d'un instant dans un autre monde que le nôtre, elle permet de se retrouver avec soi-même, de faire une coupure avec le présent, de laisser ses soucis de côté pour laisser suffisamment de place à notre esprit pour vagabonder. La lecture permet aussi d'enrichir notre vocabulaire de notre magnifique langue française. J'aime aussi la natation, car comme l'écriture et la lecture, on se sent dans un autre monde, l'eau n'étant pas notre milieu d'habitat naturel. C'est aussi un sport complet qui permet de faire travailler tous les muscles tout en douceur, sans brutalité pour les articulations. J'aime aussi les trains, les voyages en train, peut-être aussi parce que le temps de trajet s'accompagne de superbes paysages qui nous permettent également de rêvasser. Mais si je devais citer une passion en particulier, alors j'évoquerai ma passion pour le cinéma. Vraie cinéphile, je m'y rends plusieurs fois par semaine, et il arrive même que j'y aille trois jours de suite. Je suis une vraie passionnée et une vraie addicte du monde cinématographique. C'est un milieu où je me sens vivre et je crois que c'est le plus important et c'est ce que l'humain recherche : se sentir vivre. » 

 

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Si tu ne devais garder qu’un seul et unique livre pour le reste de tes jours, lequel choisirais-tu ?

 

« Hélas, je ne pense pas pouvoir choisir un livre en particulier car je ne pourrais jamais me satisfaire d'un seul. Je m'intéresse à tellement de genres que je finirais folle si je ne devais lire qu'un livre pour le reste de mes jours. Que ce soit les BD comme les Tintin qui sont les livres de mon enfance, les livres sur la légende d'Arthur et des chevaliers de la table ronde ou les Harry Potter, ou bien des livres plus spécifiques comme La promesse de l'aube, Des souris et des hommes, Les misérables, Le portrait de Dorian Gray, La liste de mes envies, Roméo et Juliette, Un sac de billes, Un secret, Poil de carotte, Vipère au poing, Le journal d'Anne Frank, Tristan et Iseult et bien d'autres, je ne pourrais pas m'en passer. »

 

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Admettons un petit instant que je possède une baguette magique, au travers de quel personnage de livres t’imaginerais-tu le mieux ?

 

« J'hésite entre le sorcier Merlin et le sorcier Harry Potter. En tout cas, c'est la magie comme on peut le constater. L'un vivait il y a fort longtemps aux côtés d'un roi puissant, au temps d'une époque sombre et violente qui m'a toujours fascinée, l'autre dans une époque plutôt moderne à travers une histoire qui a bercé des millions d'enfants qui ont grandi en même temps que les acteurs. Ce sont deux histoires et deux mondes qui me font rêver. Merlin est le plus grand sorcier de légende que l'humain a à sa connaissance. À un certain moment de sa vie où la magie n'était pas acceptée, il a du apprendre à cacher ses pouvoirs magiques qui faisaient pourtant totalement partie de lui. De la même façon, j'ai du apprendre au début à refouler et cacher mon homosexualité qui faisait pourtant partie de moi. Je m'identifie beaucoup à lui sous cet aspect-là. Quant à Harry Potter, il n'a pas connu ses parents, et il a du se débrouiller par lui-même très jeune. De la même façon même s'il ne s'agit pas de la même chose, j'ai quitté ma mère et mon père très jeune, et je sais ce que signifie partir. » 

 

questions

Des

Pourquoi as-tu eu l’envie de partager par écrit ton vécu ?

« Si j'ai décidé d'écrire mon histoire et de la partager par écrit, c'était à la fois pour moi et pour les autres. L'écriture me permettait de me libérer de l'emprise de toutes les mauvaises émotions et les mauvais souvenirs que je retenais en moi mais je voulais avant tout aider les jeunes et les moins jeunes qui vivaient les mêmes choses que moi, voire pire. Je voulais aider toutes les personnes concernées qui découvraient leur homosexualité, leur faire comprendre que ce n'est en aucun cas un choix, que l'on a rien décidé mais qu'il nous faut l'accepter pour vivre avec et s'aimer comme on est. J'ai aussi eu envie d'écrire mon histoire pour faire comprendre aux personnes qui ne sont pas directement concernées par la problématique, ce qui se passe dans la tête d'un jeune qui découvre qu'il n'est pas exactement "comme les autres", mais aussi de leur faire comprendre à quel point les paroles peuvent faire encore plus mal que les actes. La douleur des coups se dissipe et cicatrise, alors que les mots restent en nous et nous hantent. En fait, le but de mon histoire c'est de montrer aux personnes qui la liront qu'il n'existe pas de normalité ; nous sommes venus au monde ainsi, alors on ne pouvait tout simplement pas rêver être mieux d'une autre façon. »

 

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Tu l’avais avant tout publié sur Ask, puis sur Facebook. Avais-tu déjà dans l’idée de l’éditer un jour une fois qu’elle serait achevée ?

« Je pense qu’inconsciemment c'est ce dont je rêvais depuis toujours oui. Toutefois, comme je ne pensais même pas réussir à finir l'écriture de mon ouvrage, je pensais encore moins que l'éditer serait possible, c'était un peu comme un rêve impossible ou un désir enfoui qui a vraiment fait surface au fur et à mesure que je m'approchai de la fin du livre. Plus j'avançai dans l'écriture, plus je me disais qu'en fait inconsciemment je me rapprochai de ce but et qu'après tout, ça serait peut-être possible. »

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Peux-tu nous parler un peu plus de ce titre très fort qu’est « Coupable d’être » ?

 

« Je trouve en effet que ce titre est très fort et plein de sens. C'est une grande fierté pour moi de l'avoir trouvé. J'ai pensé à d'autres titres avant lui, il n'a pas été le premier à me venir en tête, mais je n'ai pas été suffisamment emballée par ces autres titres. "Coupable d'être" m'est apparu comme une évidence à la fin de l'écriture. Une fois que mon histoire était écrite et terminée, j'ai directement pensé à ce titre. Même si je ne suis pas coupable d'être ce que je suis, je voulais montrer que la société, parfois, nous montre du doigt, et que par le biais de certaines personnes, certaines pensées ou aberrations, elle peut nous faire sentir coupable de ce que nous sommes, "être" ne voulant pas dire "devenir" , nous sommes donc impuissants. Nous ne saurions changer quelque chose que nous n'avons pas choisi au départ. Le titre est comme la façade d'un livre, et je trouve que le mien, accompagné de la photo de couverture, illustre au mieux le message que je voulais faire passer. »

 

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Sous ce titre très symbolique, on retrouve la phrase « Il fallait que je vous raconte », pourquoi cette phrase précisément ?

« J'ai fait le choix de ce sous-titre "Il fallait que je vous raconte" tout particulièrement car il permet au lecteur de se sentir directement captivé et concerné. Je m'adresse à lui directement. Cette phrase incite le lecteur à découvrir ce que j'ai à lui raconter. C'est comme si je lui tendais la main et lui demandais de me faire confiance. En lisant cette phrase, il me donne sa main que je lui demande et me permet de l’entraîner dans mon histoire. Cette phrase dénote toute l'urgence et l'importance de ce que j'ai à raconter. »

 

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As-tu eu de l’appréhension lorsque tu as commencé à publier sur Internet « Coupable d’être » ?

« La seule appréhension que j'ai eue, c'est peut-être quand j'ai commencé à publier mon histoire sur Facebook. Sur Ask, la communauté était plus réduite, alors que sur Facebook, beaucoup plus de personnes pourraient tomber dessus. Je savais qu'en faisant ça, je savais qu'en publiant mon histoire sur ce réseau social, la plupart des personnes de mon lycée y auraient accès. Je n'avais pas peur des critiques sur mes écrits, seulement que ça soit mal interprété et qu'on dise de moi que je raconte ma vie. C'est mon histoire, ma vie. Je parle de ma famille et je raconte des choses très personnelles, alors forcément le fait que des personnes de mon lycée, de ma ville, que je croisais tous les jours puissent être au courant de tout ce qui s'est passé chez moi m'effrayait un peu. En revanche, je n'avais pas peur des critiques à proprement parlé sur mes écrits. »

 

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Dans ton récit, où tu nous fais rentrer finalement dans ta vie passée de manière assez intime, auprès de ta famille, tes amis etc., n’as-tu pas eu peur des retours de tes proches ?

 

« C'est vrai, je fais entrer le lecteur dans ma vie intime et dans des moments très délicats qui peuvent le mettre très mal à l'aise. J'avoue avoir eu un peu peur que mon père et ma mère s'opposent à la publication du livre, bien qu'étant déjà majeure à ce moment-là, c'était mon droit d'autant plus que j'ai toujours cherché à préserver au mieux leurs identités (sauf pour les personnes qui les connaissaient déjà, forcément). J'ai surtout eu peur de les blesser dans des propos que j'aurai pu avoir à leur égard en racontant des faits, c'est pourquoi j'ai écrit avec beaucoup de recul, et non sur le coup de l'énervement ou de la tristesse. Dans mon écriture, j'ai toujours essayé de démontrer tout mon respect pour mes parents mais sans pour autant négliger la réalité des événements. C'était ça le plus dur, écrire sans exagérer ni négliger, tout en leur manifestant du respect. J'ai eu peur du retour de mes parents surtout oui, mais ce n'est pas une peur qui m'a empêchée d'écrire ou qui m'a freinée. »

 

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Est-ce que cela a était difficile pour toi, d’écrire sur ta propre vie ?

 

« Au contraire, je trouve, personnellement que c'est plus facile d'écrire sa vie que d'écrire un roman fantastique où l'on doit tout inventer. On a juste à se replonger dans nos souvenirs et écrire le plus fidèlement possible à la réalité. Cela a été plutôt facile pour moi. Le plus compliqué, c'était quand je devais faire le travail de reconstruction de la scène dans ma tête, quand je devais me replonger dans une scène très dure, une période très sombre, ce n'était pas forcément agréable comme on peut se douter. Souvent, j'écrivais avec une musique car c'est connu que la musique stimule les émotions et les souvenirs alors je m'accompagnais souvent d'une mélodie qui me permettait de réveiller des émotions endormies. »

 

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Sur ta page Facebook, tu partages avec tes lecteurs bien des choses, dont cette lettre de tes grands parents suite à la lecture de ton livre. Ce livre était-il aussi un moyen d’expliquer ce que toi tu avais vécu à tes proches, sans passer par une discussion orale qui est parfois plus maladroite ?

 

« C'est exactement cela. Le fait d'écrire m'a permis aussi de remercier mes grands-parents plus facilement en leur communiquant des émotions fortes et en les plongeant dans ma tête pour leur faire comprendre ce que je ressentais exactement à ce moment-là. C'était, selon moi, mieux que si j'avais dû m'exprimer oralement. »

 

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N’ayant vu que des retours positifs  (que tu mérites amplement)  suite à ton livre, as-tu eu aussi quelques retours négatifs ?

 

« Merci beaucoup c'est gentil !
Je n'ai pas vraiment eu de critiques négatives. La seule chose que l'on a pu me dire, c'est que c'était dommage qu'il n'y est pas de témoignage de ma maman à la fin du livre comme je l'avais fait pour certains personnages de mon histoire. Il est vrai que c'est une remarque constructive et je l'entends. Toutefois pour plusieurs raisons personnelles j'ai fait ce choix de ne pas demander à ma mère de témoigner. On m'a aussi dit que les premiers chapitres étaient trop courts. C'est vrai que l'on remarque une différence avec les derniers. J'aurai pu, à la fin de l'écriture, revoir les premiers chapitres pour y rajouter plus de détails, et ainsi les équilibrer avec les derniers. Mais j'ai décidé de les laisser tels qu'ils avaient été écrit au début, j'ai décidé de ne pas les modifier. Cela permet de montrer au lecteur l'évolution de mon écriture, de ma maîtrise de la langue, du vocabulaire, de mon style d'écriture qui s'est affirmé et qui s'est amélioré au fil de l'expérience de ces trois années etc. »

 

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Tu nous parles entre autre de tes rencontres, as-tu eu des retours de ces personnes ?

« J'ai eu quelques retours en effet, notamment de la part d'Annah, par exemple, qui joue le rôle de la fille hétéro de mon lycée dont j'étais tombée amoureuse. La personne, se reconnaissant dans le récit, est venue s'excuser du mal qu'elle avait pu me faire à travers ses propos ou ses faits et gestes. Je crois qu'en lisant la façon dont j'avais vécu les événements au lycée, je lui ai permis de prendre conscience que je n'avais pas vécu les choses de la même façon qu'elle. Bien sûr, je ne lui en ai jamais voulu et c'était déjà pardonné il y a bien longtemps. J'ai aussi eu des retours de la part de Célie et Aleksandra, deux camarades de classe, qui font aussi partie de mon livre. Elles me disaient être enchantées de faire partie de l'histoire, surtout que d'après elles, j'avais retranscris les événements fidèlement à la réalité. J'ai aussi eu des retours de Nicolas qui a pu me dire un jour "qu'on ne se rend pas compte de l'impact de certaines paroles". J'ai également eu des retours positifs, plus précisément des excuses, d’une autre personne de mon livre qui joue le rôle de mon amie du collège, l'année de la troisième, avec qui j'ai eu une amitié quelque peu ambiguë. Je crois que ce livre a permis beaucoup de remises en question. J'ai eu beaucoup d'autres retours positifs que je n'ai pas cités. »

 

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As-tu une, ou plusieurs, anecdotes ou messages, qui t’ont tout particulièrement touchés suite à ton livre ?

 

« Des anecdotes et des messages, en comptant bien, je dois en avoir plus d'un millier, et encore. Tous aussi beaux les uns que les autres. J'aurai du mal à en raconter un en particulier. Durant toute la durée de l'écriture de ce livre que je partageai gratuitement sur Facebook, j'ai pu recevoir de nombreux appels à l'aide de personnes qui avaient besoin de me parler, de se confier. Suite à la commercialisation de ce livre, j'ai reçu des tonnes et des tonnes de messages de remerciements. Je sais qu'un lycée s'est procuré mon livre pour son CDI, je sais que mon livre a été offert dans des familles à Noël, qu'il a été une idée de cadeau pour bien des occasions. Je sais aussi qu'il a déjà été choisi pour des exposés de français en classe par des élèves. Si je dois citer un message fort qui m'a particulièrement touché quand je l'ai reçu je citerai celui-là : " tu n'imagines pas la puissance que ton livre apporte surtout lorsque c'est un parent qui le lit. J'ai eu l'occasion de voir une famille se déchirer et où je suis intervenue pour conseiller ton livre. Aujourd'hui, le changement qui a été effectué est incroyable." Des messages comme celui-ci, j'ai pu en recevoir des centaines et des centaines. »

 

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J’imagine que ta vie a encore évoluée depuis la fin de ton livre, penses-tu un jour nous écrire une suite ?

«  En effet, ma vie a encore évolué depuis la fin de mon livre. Toutefois, je ne pense pas écrire une suite à mon roman pour la simple raison que je n'aurai pas suffisamment de choses à raconter pour en faire un livre assez intéressant qui vaut le premier. Et puis, il vaut mieux aimer un livre seul et unique, que d'être déçu par une suite mal écrite. »

 

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Ayant commencée l’écriture à 17 ans, as-tu des petits regrets concernant « Coupable d’être » aujourd’hui ?

 

« Je n'ai aucun regret concernant mon livre, mais au contraire, une grande fierté de ne pas avoir modifier les premiers chapitres, et de ne pas avoir retoucher des passages importants. Je les ai écrits comme ça me venait sur l'instant présent et au moins, ils sont fidèles à mes émotions de l'époque. C'est un témoignage qui n'est pas rafistolé et de ce fait, on peut dire qu'il est authentique. »

 

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Quel est le message principal que tu souhaitais transmettre au travers de ton livre ?

« Je pense que le message principal que je voulais transmettre dans mon livre, c'est que nous ne devenons pas homosexuels. Nous le sommes. C'est quelque chose qui fait partie de nous, ou non. Mais nous ne choisissons pas de qui nous allons être attiré. De ce fait, nous ne pouvons pas changer. Ce n'est en aucun cas un choix. Je pense que c'est l'idée principale de mon histoire autour de laquelle gravitent tous les chapitres du livre. »

 

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Que dirais-tu aujourd’hui à une personne qui serait dans les mêmes difficultés que toi-même tu as pu vivre il y a quelques années ?

« Je pense que je lui dirais que derrière les nuages se cache toujours le soleil. Même si on a l'impression que nous sommes seul dans la foule et que tout est noir, il y aura toujours autour de nous des personnes qui nous tendront la main pour nous aider. Ces personnes, il nous suffit juste de les remarquer. Je lui dirai aussi que personnellement pour ma part, je serais toujours disponible pour parler avec les personnes qui recherchent une aide et une écoute. Je lui dirai que tôt ou tard, les problèmes s'effacent petit à petit, il faut faire preuve de patience, et voir la vie de façon positive. Il faut s'accepter comme on est pour pouvoir vivre en harmonie avec nous-même. Une fois que c'est chose faite, une fois que l'on comprend qui on est, on vit mieux, en étant heureux et en paix avec nous-même. Il ne faut pas s'arrêter sur ce que les personnes pensent de nous car personne ne vivra notre vie à notre place. Il faut vivre de façon à ne pas avoir de regret lorsque nous aurons des cheveux blancs et que nous serons sur notre lit de mort. »

 

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Qu’est-ce que cela t’as fait de voir que plus de six mille personnes te suivaient sur ta page Facebook et suivaient donc ton récit ?

« Lorsque j'ai vu tout le retentissement que prenait mon livre, et la popularité de ma page Facebook sans cesse grandissante, cela m'a fait extrêmement plaisir forcément car cela m'a apporté beaucoup de rencontres et de discussions intéressantes. J'ai pu parler et écouter beaucoup de personnes dans le besoin et c'est une expérience humaine totalement incroyable qui n'est pas donner à tous les adolescents de 17 ans ! Je suis très reconnaissante envers mes lecteurs qui m'ont permis d'améliorer et de faire grandir mes qualités humaines dont j'essaie de faire preuve de la meilleure des façons. J'ai été encore plus heureuse lorsqu'en tant qu'administrateur de ma page, je me suis rendue compte que la grande majorité des personnes qui la visitent ne sont même pas répertoriées parmi les 6000 mentions j'aime. La majorité des personnes et de mes visites quotidiennes qui s'élèvent à environ 20 000 personnes, sont des personnes qui n'ont pas déposé de mentions j'aime sur la page pour rester discrets aux yeux de la famille et des amis qui épient parfois nos faits et gestes sur les réseaux sociaux. La grande majorité de mes visiteurs sont donc des visiteurs fantômes qui n'apparaissent pas aux yeux du public mais que moi, j'aperçois dans les statistiques. »

 

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Quelle est la plus belle chose que ton livre t’ai apporté à l’heure d’aujourd’hui ?

 

« Je ne peux pas parler de la plus belle chose mais plutôt des plus belles choses. Et à ce titre, les plus belles choses que mon livre ai pu m'apporter, je dirais que c'est déjà des centaines de rencontres et de messages donc beaucoup d'humanité et de contact humain ce qui m'a permis de me construire avec une chaleur humaine phénoménale, une énorme satisfaction personnelle d'avoir porté la voix de beaucoup, d'avoir concrétisé mon rêve après trois années d'écriture pas toujours évidentes. Grâce à ce livre, j'ai aussi acquéri le statut d'Auteure par la Bibliothèque Nationale de France où mon livre est répertorié, ce qui fait donc de lui une œuvre du patrimoine culturel français. Sans oublier bien sûr, le plaisir des dédicaces qui est une façon de rencontrer les personnes qui nous connaissent pour ce que nous avons fait dans la société. »

 

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Si je te demandais une phrase de ton livre, juste une seule, laquelle choisirais-tu ?

 

« C'est marrant car dès que j'ai lu la question, j'ai tout de suite eu la phrase parfaite qui m'est venue en tête. Et je réponds sans hésiter "Je n'étais plus coupable d'être". J'invite les personnes à lire mon livre pour qu'elles comprennent par elles même pourquoi cette phrase est si importante à mes yeux et pourquoi je l'ai choisie pour répondre à cette question-là. »

 

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Je sais que tu es en cours d’écriture d’un futur livre, peux-tu nous en parler un peu ? 

 

« J'ai un peu envie de garder le suspens concernant mon futur livre. Tout ce que je peux dire, c'est que ce n'est pas une suite de "Coupable d'être". De ce fait, ce n'est pas une autobiographie, donc c'est un genre tout nouveau pour moi que j'écris. »

 

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Aurais-tu, par hasard, un petit spoiler, un petit avant-goût inédit concernant ce nouvel écrit ?

 

« Le premier chapitre sera bientôt posté sur ma page Facebook pour donner un avant-goût à la communauté, justement. Mais je pense que ça sera une histoire où tout le monde trouvera son compte. C'est le plus important à savoir et à retenir. »

Conseils

Des

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à des personnes qui, comme toi, souhaite écrire une biographie ?

« Je pense que pour écrire une biographie, il faut avoir non seulement l'envie nécessaire, mais aussi et surtout un but à cette écriture, un message à faire passer à la société. On ne raconte pas notre vie par plaisir, uniquement parce que cela nous traverse l'esprit. Au contraire, parfois c'est compliqué de raconter quelque chose de réel car ça demande beaucoup d'exigences. Si on a l'envie nécessaire et un but suffisant, alors je pense que tout est possible et tout le monde peut écrire sa vie. Un conseil : il faut écouter ce que le cœur veut exprimer et le mettre par écrit tel qu'on le ressent. »

 

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As-tu des petites astuces d’écritures qui te sont venus avec le temps ?

 

« Durant mes trois années d'écriture pour "Coupable d'être", je n'ai jamais été confrontée à "la page blanche". Je pense que c'est un souci qui apparaît uniquement pour les romans fictifs, les histoires inventées, comme ça a pu être le cas, parfois, pour mon deuxième livre sur lequel je travaille actuellement. Mais pour ce qui est des autobiographies, comme nous n'avons pas besoin d'inventer mais juste de suivre la chronologie des événements tels qu'ils se sont produits, alors normalement nous savons toujours quoi raconter, quoi écrire, du moins pour ma part...

 

En revanche, je peux livrer un de mes petits secrets qui a très bien fonctionné avec moi afin d'écrire plus facilement. J'ai quasiment, voire toujours, écris avec une petite musique en fond, pas une musique chantée, pas de paroles car elles nous incitent à écouter et nous concentrer sur la musique au lieu de notre écrit donc cela peut nous déconcentrer. Juste une petite mélodie au piano ou au violon, avec un volume pas trop fort, comme on peut en trouver des milliers sur YouTube. Il a été prouvé que la musique a un puissant effet sur le cerveau humain. C'est un art qui suscite des émotions très fortes. D'ailleurs pour info, en 2001, une équipe de psychologues britanniques a réussi à prouver que les vaches produisaient plus de lait grâce à Beethoven. Bercées par une musique douce diffusée dans leur étable, les vaches s'avéraient moins stressées et leur production de lait augmentait de trois quarts de litre par jour. D'une autre part, Ronald Milligan, un professeur, a démontré en 1982, qu'une musique lente diffusée en magasin poussait les gens à marcher plus lentement, ce qui explique que les clients s'attardent dans les rayons et que les ventes augmentent, elle excite le comportement d'achat. Tout ça pour dire qu'avec de la musique en fond, nous pouvons écrire de façon à faire ressortir des émotions très puissantes au lecteur. La musique nous pousse à ressentir une émotion lors de l'écriture, une émotion qui sera utile pour faire ressentir à travers nos mots une sensation, un état d'esprit...etc. C'était donc mon petit secret. »

 

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Aurais-tu une anecdote à nous donner concernant l’écriture de ton livre ?

« Alors là, je vais vous décevoir, mais je n'ai rien de particulier ou qui sort de l'ordinaire qui me vient en tête là, maintenant, du moins concernant l'écriture. La seule chose que je pourrais éventuellement dire, c'est que sans ma mamie, l'écriture aurait été un peu plus difficile et moins comique. En effet, il m'arrivait de ne pas trouver un mot précis, de l'avoir sur le bout de la langue sans pouvoir le trouver, d'avoir un trou de mémoire très long qui me freinait sur une phrase que je voulais à tout prix écrire. Alors, c'est toujours vers ma mamie que je me tournais dans de telles situations. Et parfois, c'était très drôle, il fallait nous voir faire. Il pouvait m'arriver de lui demander de m'aider à trouver le mot adéquat à la phrase que j'écrivais. Elle ne trouvait pas forcément tout de suite, et parfois d'un coup en plein milieu du repas ou pendant son repassage, elle le trouvait et me le disait en criant, c'était drôle. Ma mamie était un peu comme ma collaboratrice.  

 

Toutefois, je peux vous partager une anecdote plutôt sympathique. C'était avant la publication du livre, quand je postai les chapitres sur ma page Facebook, plus précisément pendant la période où j'étais étudiante à la faculté de Saint-Etienne. C'était un matin de semaine, je venais d'arriver sur le quai de la gare pour prendre mon train. Et je me souviens avoir remarqué qu'une jeune fille, à peu près mon âge, me regardait avec insistance. Je ne la connaissais absolument pas. Je me suis assise sur un banc du quai pour attendre le train, à la seule place libre qu'il y avait, c'est-à-dire à côté d'elle. Au bout de deux petites minutes, elle m'a tapoté l'épaule. Je me suis tournée vers elle et elle m'a alors demandé si c'était bien moi qui écrivait un livre sur Facebook. Elle m'a aussi dit qu'elle lisait chaque chapitre, bien qu'elle n'était pas directement concernée, et qu'elle les aimait beaucoup, qu'elle en manquait aucun et qu'elle les avait même fait lire à quelqu'un de sa famille, sa grand-mère il me semble. C'était un moment très enrichissant et une grande joie pour moi de rencontrer quelqu'un que je ne connaissais pas mais qui elle, me connaissait pour ce que j'écrivais. J'ai aussi rencontré quelqu'un de cette façon-là, beaucoup plus loin de chez moi, par hasard, à Ambert, lorsque j'étais en vacances en juillet avec mes grands-parents. Nous étions juste de passage en camping-car et j'ai eu la chance de tomber sur quelqu'un de là-bas, une de mes lectrices, qui me connaissait aussi grâce à ma page Facebook. Nous avons passé un moment de la soirée ensemble et nous avons pu discuter, j'ai pu répondre à ces questions et j'ai passé un très bon moment.

 

Et puis, j'oublie aussi de vous raconter que mon livre m'a permis de rencontrer une personne à part qui fait aujourd'hui partie de mon cadre amical très restreint. En effet, une de mes lectrices de l'époque qui me connaissait de vue, a commencé à me suivre sur ma page Facebook, puis, quand j'ai partagé mon snapchat sur ma page, elle m'a ajouté et elle m'a alors envoyé un message, en me disant que je l'avais beaucoup aidé et qu'elle s'identifiait à moi dans mon récit. Nous nous sommes rencontrées, le feeling est passé de façon assez instantanée. Aujourd'hui, c'est une de mes amies très proches avec qui je passe une grande partie de mon temps. Et je me rends compte qu'elle avait autant à m'apporter à moi que moi je lui ai apporté. Alors merci Léa. »

Dernier mot

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« Je remercie chaque personne qui a lu cette interview avec intérêt et qui s'est intéressé à ma personne et à ce que j'avais à dire. Je suis une vraie pipelette qui aime beaucoup échanger, parler et débattre. J'invite toutes les personnes qui le désirent ou qui en ressentent le besoin se procurer mon livre et à entrer en contact avec moi via mon compte Instagram. Je suis disponible pour échanger avec toutes ces personnes avec un grand plaisir. Un grand merci aussi à la personne qui m'a posé toutes ces questions très intéressantes auxquelles j'ai pris plaisir à répondre. »

Plume

L'avis de

C’est une histoire que j’ai lu deux fois je crois, en tout. C’est assez loin de mes lectures habituelles, je l’avoue. Pour autant, je suis tombée dedans, happée par l’émotion que dégage ce récit. On sent que les mots viennent du cœur, que les émotions sont réelles et tu nous les fais partager à merveille. C’est assez difficile d’écrire un avis pour moi. J’aimerais dire beaucoup de choses sur ce livre mais il me faut aussi vous laissez découvrir. Tout d’abord, encore une fois, on est sur une écriture sincère, honnête. On sent le vécu au travers de tes mots et on imagine que te replonger dans ces souvenirs a pu être difficile parfois.

 

Je crois que je résumerais le tout en disant que ce livre est beau. Il est beau dans ses mots, dans le message qu’il diffuse, dans ce qu’il apporte aux lecteurs. Je ne suis pas homosexuelle pour autant, j’ai été touchée et je me suis sentie concernée comme tout à chacun le devrait. C’est un message merveilleux que porte ton livre, ton histoire. On vit tous des choses qui ne sont pas faciles, à plus ou moins grande échelle bien sûr, mais parfois quand on parle à quelqu’un, on ne pense pas à l’impact que cela a sur la personne. Je ne sais pas si je m’explique bien, je l’espère en tout cas. Ton livre, en plus de nous emporter dans ta vie, nous fait aussi nous remettre en question, nous fait apprendre.

 

J’ai dans l’espoir en tout cas que ton histoire aidera plus d’une personne. Je ne peux que te féliciter pour tout ce que tu as accomplis jusqu’à aujourd’hui et te souhaiter que toute cette aventure continue.

alice reynaud

Merci à Alice pour cette Interview. Vous pouvez laisser votre avis en commentaire et retrouver Alice dans son autobiographie "Coupable d'être".

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